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Photo by Zoë Gayah Jonker on Unsplash

7 décembre 2018

Coalition à Anvers : De Wever affaibli par la campagne N-VA sur le Pacte migratoire

À Anvers, la campagne de la N-VA semble plutôt renforcer la position du sp.a que l’affaiblir. À défaut de la rendre confortable.

Pour le sp.a anversois, la campagne de la N-VA sur Marrakech (lancée cette semaine sur Facebook à propos du Pacte sur les Migrations, ndlr) tombe mal. Négocier un accord de coalition avec un parti qui manie le langage du Vlaams Belang rend les socialistes vulnérables. Les critiques se font entendre çà et là. « La N-VA a dépassé le stade de la radicalisation, elle est aujourd’hui à l’extrême droite. Impossible pour un parti démocratique de gouverner avec eux », a tweeté Stef Vonk, président des jeunes socialistes anversois.

En raison du gel de la communication du parti, il n’est pas facile de juger de la température qui règne autour de la table des négociations. Pourtant, les discussions se sont poursuivies mardi, comme si de rien était. L’épisode Marrakech a fourni un avant-goût des difficultés que le bourgmestre Bart De Wever pourrait provoquer au printemps prochain en tant que président de la N-VA lorsque la campagne électorale aura démarré.

Les socialistes et les verts le craignaient depuis le départ. C’est d’ailleurs ce qui les a fait hésiter à monter à bord. A Anvers, De Wever a tendu la main à la gauche, mais en tant que président de parti, il défend des positions qui poussent la gauche à bout de nerfs.

Si la délégation socialiste a fini par rejoindre les négociations, c’est pour marquer un changement de cap dans la gestion de la ville. Se retirer n’est aujourd’hui envisageable que dans l’hypothèse où aucun progrès n’est enregistré, ou si les discussions se passent vraiment mal. L’impression qui prévaut pour l’heure est que le formateur De Wever entend mener les choses à bien. « Et nous ne souffrons pas d’un quelconque syndrome de Stockholm », précise-t-on.

Un « firewall » entre Bruxelles et Anvers

Ceci implique de placer un véritable « firewall » entre la réalité anversoise et bruxelloise. Les socialistes anversois s’efforcent de rester dans leur bulle, sans se laisser distraire par la crise gouvernementale ou par une campagne crue qui donne l’impression d’avoir été concoctée au quartier général du Vlaams Belang.

Bart De Wever, lui, doit constamment changer de casquette, ce qui ne rend pas sa position plus facile. C’est son problème, estiment les socialistes, qui n’ont aucune envie d’assumer les ennuis de De Wever. Lors de ces négociations, il sera certainement question de ces différentes casquettes et des interférences que cela peut provoquer. Mais ce sera à De Wever d’adapter son registre et non au sp.a de Jinnih Beels.

Tout arrêter dans de telles circonstance serait une idiotie pour les socialistes. Ces derniers peuvent, au contraire, espérer engranger davantage à mesure que les ennuis vont affaiblir De Wever. Il faudra de toute manière conclure un accord de coalition. Dans les circonstances actuelles, les verts ne se présenteront pas pour prendre le relais. Et il serait tout aussi irréaliste de penser que les chrétiens-démocrates de Kris Peeters soient subitement invités.

Images « malheureuses »

Coïncidence, c’est justement mardi que la négociation portait sur la lutte contre les prêcheurs de haine. D’après ce qu’on sait, Bart De Wever s’est montré compréhensif face au mécontentement de ses interlocuteurs socialistes. C’est d’ailleurs lui qui, en tant que président, a ordonné le retrait de la campagne, qualifiant les images utilisées de « malheureuses ».

Les négociateurs socialistes demeurent pourtant conscients de la fragilité de leur position. La campagne de la N-VA donne du blé à moudre aux critiques internes au parti. Même le président du sp.A John Crombez s’est vu adresser des questions embarrassantes sur le sujet. Quant au négociateur anversois de la N-VA, Fons Duchateau, il n’a pas facilité les choses en prenant explicitement la défense du porte-parole de son parti, l’Anversois Joachim Pohlmann, responsable de la fameuse campagne, entretemps retirée.

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