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Ce que la Flandre ne fait pas mieux
07·12·21

Ce que la Flandre ne fait pas mieux

Temps de lecture : 2 minutes Crédit photo :

Photo (cc) :CallyL / 116 images

Auteur⸱e
Dominique Jonkers
Traducteur Dominique Jonkers

La Belgique est le pays du compromis : c’est ce qui fait à la fois notre fierté et notre réputation à l’international. Or trop souvent, ce compromis, nous ne parvenons pas à l’atteindre – en tout cas, pas dans un délai à peu près acceptable. Sortie du nucléaire, financement des hôpitaux, réforme des pensions : tous ces dossiers attendent d’être tranchés depuis des années.

« Souvent, la Flandre a pointé d’un doigt accusateur le niveau fédéral »

Souvent, la Flandre a pointé d’un doigt accusateur le niveau fédéral, convaincue que ce qu’elle fait elle-même, elle le fait mieux. Eh bien non. L’extension du port d’Anvers, la disparition du village de Doel, la liaison Oosterweel, le « stop béton », la taxation au kilomètre : aucun de ces problèmes urgents ne trouve de solution en moins de vingt ans.

Sans compter le dossier des émissions d’azote, qui mérite aussi de figurer sur cette liste. Depuis 2014, les autorités flamandes préparent un programme de gestion des émissions d’azote baptisé Programmatische Aanpak Stikstof (PAS). Après quelques années, elles ont accouché d’un lamentable compromis. C’est caractéristique de nos élus : ils commencent par ne rien décider, finissent un jour par prendre une décision, pour en saper immédiatement les bases. Les décisions initiales relatives au PAS, par exemple, ont été complètement vidées de leur sens.

Cette indécision contraint les citoyens à saisir la justice, comme dans le dossier du changement climatique. Elle oblige les juges à rendre des ordonnances qui, espérons-le, sont pour nos élus autant de coups de pied au derrière.

« Les politiques sont coincés, tournent en rond »

Ainsi, il était prévu de mettre en œuvre un nouveau PAS avant la fin du mois. Les fuites déjà divulguées ne sont guère porteuses d’espoir. Les politiques sont coincés, tournent en rond, cherchent des réponses en s’accrochant à l’attitude étriquée consistant à changer le moins possible les choses. Pour en arriver alors à des solutions technologiques dont chacun sait qu’elles ne sont pas des solutions. Car qui dit que les agriculteurs doivent investir davantage, dit étables surdimensionnées, davantage de bêtes, davantage d’engrais, davantage de CO2, et donc davantage d’azote. Les recherches menées à l’étranger l’ont déjà montré. Devons-nous buter une fois de plus sur le même obstacle ?

Tant que nous aborderons chaque problème isolément, nous ne parviendrons jamais à une solution structurelle satisfaisante. La seule solution, c’est l’approche holistique. Mais cela demande d’être prêt à appréhender la situation dans son ensemble, sans tabous.

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