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(c) Pixabay

21 juillet 2017

Brexit et crise wallonne : même combat ?

Des dizaines de multinationales seraient sur le point de quitter la City, l’affaiblissement de la livre sterling conduirait à une crise alimentaire sans précédent, le secteur maraîcher au Royaume-Uni serait voué à une mort certaine en raison du manque de main-d’œuvre polonaise, des ministres du même parti qui se volent dans les plumes, une Première qui observe, impuissante, ses adversaires rédiger son arrêt de mort politique, et même des spéculations sur un nouveau référendum. En dépit du caractère exagérément alarmiste d’une bonne partie de la presse britannique, la situation outre-Manche reste de toute évidence chaotique.

Depuis le coup de Benoît Lutgen, on peut en dire de même de la situation en Belgique francophone. Quel bordel ! (en français dans le texte, ndlr) Alors que le cdH et le MR tentent de limiter les négociations au gouvernement wallon, DéFI, Ecolo et Groen discutent en aparté de la politique bruxelloise. Pendant ce temps, le silence radio des socialistes laisse entendre qu’ils font tout pour sauver leur peau dans la capitale. Qui prendra finalement les rênes des trois gouvernements francophones ? Nul ne le sait.

On peut aisément établir un parallèle entre les deux crises. Elles ont été vendues au grand public comme le seul moyen de s’extirper des griffes de l’oppresseur – respectivement l’Union européenne et le Parti socialiste – mais en réalité, elles n’ont été provoquées qu’à des fins politiciennes. Dans une tentative de désamorcer la division au sein de son parti et de conserver son poste de Premier ministre, David Cameron avait, en son temps, approuvé l’idée folle d’un référendum sur le Brexit. Dans une tentative de sauver la face de son parti et de sortir de l’insignifiance à laquelle il était voué, Benoît Lutgen a profité de l’implosion du PS pour nous resservir la fable du renouveau politique. Autre dénominateur commun : tous deux ont été poussés dans leurs derniers retranchements par les populistes. Une belle leçon pour tous les justiciers autoproclamés qui veulent dégommer le pouvoir en place.

Sur fond de malaise politique en Belgique francophone, Charles Michel espère quant à lui parvenir ce week-end à un accord sur le budget et sur une série de grandes réformes. Il tient avec courage le rôle du capitaine du bateau en pleine tempête, dans un film qui s’intitulerait Le Dernier homme debout. Sa réussite dépendra de la volonté de ses partenaires de coalition de privilégier l’intérêt général à celui de leur parti. La façon dont la N-VA a orienté cette semaine les débats sur les bracelets électroniques, la nouvelle garantie locative et les sauvetages en Méditerranée a laissé un goût très amer dans la bouche du CD&V, qui n’a pas été tendre avec les nationalistes flamands : « ils donnent systématiquement la priorité à leurs intérêts personnels. Tous leurs actes sont guidés par ce mode de pensée. » Charles Michel se prépare à prendre le large sur une mer démontée.

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