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Votre ado prend des selfies sexy? Pas de panique!

(C) Colin Bird

21 septembre 2016

Votre ado prend des selfies sexy? Pas de panique!

Temps de lecture: 2 minutes

Aujourd’hui, le « sexting » fait partie du processus d’éveil sexuel des adolescents. Pour peu qu’on reste maître de la situation. « Une ado peut se servir de selfies érotiques pour gagner en popularité. Les garçons se mettront à parler d’elle, ce qui rendra les autres filles jalouses. Elles enverront alors à leur tour des photos dénudées. »

Frauke, jeune ado de 16 ans, explique comment le sexting s’est imposé dans la culture des adolescents. « Rares sont ceux qui n’ont jamais vu de sexts et de photos suggestives. » Un sondage mené cet été auprès de 3 300 jeunes indique pourtant que seuls 8 % des 12-18 ans ont déjà envoyé une photo d’eux légèrement dévêtus, entièrement nus ou en maillot de bain. Quelle place le sexting occupe-t-il vraiment dans leur éducation sexuelle ?

Selon le Centre de connaissance flamand sur l’utilisation des médias, qui a récemment mené une vague d’entretiens pour commenter les statistiques de l’enquête, le sexting est omniprésent chez les ados.« Il semblerait que les jeunes interrogés lors du sondage aient donné des réponses ‘socialement plus acceptables’. Le sexting est souvent un tabou entre les ados et les adultes, qui ont du mal à en parler ouvertement », explique Hadewijch Vanwynsberghe, responsable de l’étude. Ce fut également le cas lors des entretiens : «  au début, ils évoquent une amie ou une connaissance qui envoie de temps à autre une photo sexy, mais vous comprenez assez vite qu’il s’agit de leur propre expérience. »

Ces entretiens ont révélé que les filles pratiquent généralement le sexting pour qu’on les trouve attirantes. Elles veulent susciter des réactions sur leur physique. Elles commencent souvent par envoyer leur sext à une amie pour avoir leur avis. Les garçons le font la plupart du temps pour recevoir une photo en échange, mais ils restent souvent sur leur faim. S’engager dans un jeu de séduction et sonder sa popularité constituent donc leur principale motivation. Le succès d’un sext dépend de plusieurs critères : les poses surjouées ou trop superficielles n’ont pas la côte.

La chasse aux sexts

L’immense majorité des ados utilisent l’application Snapshat, parce que les photos y ont une durée de vie très courte et disparaissent après quelques secondes. C’est en tout cas le principe. Il existe néanmoins des façons de le contourner, notamment en prenant une capture d’écran. Et c’est là que les choses se gâtent. Les garçons aiment collectionner les sexts des filles qui leur plaisent. C’est devenu un sport, un peu comme les étiquettes Panini. Leur collection de photos leur permet eux aussi de gagner en popularité, surtout quand ils en sont les premiers destinataires. Comment expliquer une telle diffusion ?

Frime

« Les sexts peuvent être envoyés à plusieurs personnes simultanément, mais c’est plutôt rare », poursuit Hadewijch Vanwynsberghe. « En règle générale, les photos sont envoyées en privé à un petit ami ou à un garçon qu’elles veulent séduire. Ce sont alors les premiers destinataires de ces messages qui partagent les photos reçues. C’est par exemple un classique après une rupture ou lors d’une déception amoureuse. Les garçons célibataires transfèrent quant à eux les sexts pour frimer ou pour cancaner. Ils n’y voient rien de mal, car pour eux, c’est justement ce que cherche l’expéditrice. « Il y a quand même une règle d’or à ne pas transcrire, ajoute Hadewijch : on ne transfère et on ne montre jamais un sext de sa petite amie, sauf quand la relation est tout fraîche ou quand elle se termine. »

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