Marié à une journaliste anversoise, le Namurois Christophe Deborsu est l’un des rares journalistes belges à être présent dans les médias au nord et au sud du pays. Il revient avec humour sur l’importance de comprendre l’autre, les mots intraduisibles… et pourquoi vous devriez donner soutenir DaarDaar.
Aubry Touriel : Pour toi, la Flandre, c’est quoi ?
« La Flandre, c’est ma femme*. Bah oui… C’est pas mal d’ailleurs ! Bah oui, c’est vrai ! Ça ne s’invente pas ! »
*Christophe Deborsu est marié avec la journaliste Annick de Wit depuis plus 2014. Ensemble, ils ont sorti le livre Dag,Bonjour! l’année de leur mariage. Dans cet ouvrage le couple explore avec humour et sincérité les défis, malentendus et richesses d’un couple mixte en Belgique, miroir d’un pays souvent divisé mais intimement lié.
A.T. : Quelle expression néerlandaise t’amuse ?
« Leedvermaak*. Il faut sept mots en français pour expliquer ce que c’est.
Leedvermaak, c’est le plaisir de voir quelqu’un d’autre souffrir. Un mot à la fois cruel et fascinant, selon Deborsu. Et surtout typique d’une langue qui adore les constructions composées.
Ce sont ces mots-valise. On met deux mots ensemble en néerlandais, qui ont des multitudes de significations. C’est la même chose en allemand. C’est pour ça que tous les grands philosophes sont allemands. Un peu moins néerlandophones… mais ça aurait dû. »
*Le mot néerlandais leedvermaak désigne le plaisir que l’on peut ressentir en voyant quelqu’un d’autre souffrir ou échouer. Littéralement, il combine leed (la souffrance) et vermaak (le divertissement), ce qui en fait un mot-valise intraduisible en un seul mot en français. Ce mot est proche du terme allemand Schadenfreude, qui est parfois repris tel quel en français.
A.T. : Pourquoi est-ce important de s’informer de ce qui se passe de l’autre côté de la frontière linguistique ?
« On dépend beaucoup de la Flandre. Elle est très déterminante sur l’avenir de ce pays. Il faut donc toujours savoir ce qui se passe de l’autre côté.
L’anecdote familiale ne tarde pas à arriver, comme souvent chez Deborsu : J’avais un oncle qui a voulu apprendre le néerlandais pour ça. Il a voulu être huissier en Flandre pour comprendre un peu ces gens qui avaient tout à dire chez nous.
Quand on connaissait aussi la langue, on pouvait un peu les calmer en leur disant : ‘Regardez, on n’est pas si nuls que ça.' »
A.T. : Quel projet DaarDaar devrait-il réaliser dans les 10 prochaines années ?
« DaarDaar doit faire l’inverse, évidemment. C’est-à-dire ? Traduire les articles français en néerlandais pour qu’ils nous comprennent mieux. Parce qu’ils ne nous comprennent pas toujours. Jullie begrijpen ons niet altijd ! (Vous ne nous comprenez pas toujours !) Maar dankzij DaarDaar gaat het lukken ! (Mais grâce à DaarDaar, on va y arriver !) »
A.T. : Pourquoi soutenir DaarDaar ?
« Moi, je suis pauvre, je n’ai pas beaucoup d’argent. Si vous avez beaucoup d’argent, allez-y. De toute façon, vous ne le sentirez même pas. Et DaarDaar le sentira. Et DaarDaar, c’est bien. »
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