À Brussels Airport, le pic des vacances a tourné au chaos, avec des heures de files aux contrôles des frontières. Pour un aéroport qui constitue une importante porte d’entrée en Belgique, une telle situation est inacceptable.
Brussels Airport accueille cet été plus de voyageurs que les étés précédents, mais il y a une ombre au tableau : les files interminables aux contrôles des passeports. Cela fait des années que ce problème ternit l’image de l’aéroport, et par extension de la Belgique. Des policiers supplémentaires ont beau avoir été mobilisés et tous les postes de contrôle avoir été pourvus, les voyageurs ne voient guère de différence. Pire, les temps d’attente ont même doublé aux heures de pointe ! Du côté de Brussels Airport, on pointe du doigt l’EES, le nouveau système de contrôle des passeports.
Un contrôle plus strict
Le système d’entrée/de sortie devait permettre aux autorités d’identifier plus clairement les flux entrants et sortants dans l’espace Schengen. L’Europe a introduit l’EES afin de lutter contre la fraude à l’identité et l’immigration clandestine. Pour la Commission européenne, le succès est au rendez-vous, avec plus de 44.000 personnes qui se sont vu ainsi interdire l’accès à l’UE.
Ces chiffres ne disent toutefois rien à propos de l’efficacité du système de contrôle, comme le démontrent les files d’attente à Zaventem et dans d’autres aéroports européens. En théorie, le contrôle d’un passeport, y compris la prise d’empreintes digitales numériques et la vérification des données biométriques, ne devrait prendre guère plus de 60 secondes mais en pratique, ce processus dure vite plusieurs minutes.
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La faute au nouveau système ou au manque de personnel ?
Certes, l’introduction d’un nouveau système est toujours susceptible de s’accompagner de maladies de jeunesse, mais l’EES est pleinement opérationnel depuis avril et les quatre mois qui se sont entretemps écoulés auraient normalement dû suffire pour remédier à ces manquements initiaux. Ce n’est pourtant pas ce qu’on constate à Brussels Airport, avec pour conséquence que l’aéroport se voit régulièrement contraint de suspendre les contrôles biométriques.
Malgré cette mesure d’urgence, les contrôles des passeports durent toujours plus longtemps qu’à l’époque du cachet à apposer, affirme la police fédérale. Autrement dit, l’EES semble constituer une habile manoeuvre de diversion pour occulter les vieux problèmes, comme le manque de personnel au sein de la police aéroportuaire et le manque de postes de contrôle, en conséquence desquels seuls 500 à 600 passagers peuvent passer le contrôle sur un laps de temps d’une heure. Le ministre de l’Intérieur Bernard Quintin (MR), qui a la police dans ses compétences, se dit conscient que Brussels Airport est confronté à un sérieux problème.
L’engagement d’un Project Manager inefficace
À la mi-juillet, Brussels Airport annonçait l’engagement d’un Project Manager de Deloitte. Sa mission : réduire le chaos pendant le pic estival. Au vu des scènes qui se déroulent quotidiennement à l’aéroport, on peut toutefois se demander ce que l’entreprise de consultance a fait ces dernières semaines.
La grande question consiste à savoir si tous les acteurs collaborent véritablement entre eux ou s’ils se renvoient plutôt la balle. En sa qualité de plus grand aéroport du pays, Brussels Airport est la principale porte d’entrée en Belgique et un énorme atout pour celle-ci. Pour l’heure, le chaos des files d’attente ne se répercute pas encore dans les chiffres – l’aéroport a accueilli la bagatelle de 2,6 millions de voyageurs en juillet -, mais ce n’est pas une raison pour ne pas agir face à ce problème.
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