Daar Daar logo

Le coût de la violence
19 juin 2015

Le coût de la violence

Temps de lecture: 2 minutes

Dans un monde dépourvu de violence, la Belgique disposerait à elle seule d’un budget supplémentaire de 20,5 milliards d’euros. En d’autres termes, chaque année, la violence coûte à chacun de ses citoyens quelque 1 832 euros. Un chiffre issu du Global Peace Index (l’indice de paix mondiale) de l’Institute of Economics & Peace (IEP).

Mais que l’on se rassure : la Belgique n’a pas vraiment de quoi s’apitoyer sur son sort. Le Global Peace Index établit un classement méthodique de pratiquement tous les pays du monde en se fondant sur le coût sociétal de la violence et de ses retombées économiques, lesquelles sont considérables. La violence représente 14 300 milliards de dollars – soit 12 700 milliards d’euros – par an à l’échelle mondiale.

L’IEP additionne une série de facteurs dans son calcul. En premier lieu viennent les coûts engendrés par les conflits armés, le crime organisé ou la violence entre individus, qui conduit par exemple à une incapacité de travail. S’y ajoutent les dépenses relatives à la défense du territoire et aux services de police : ils se chiffrent, respectivement, à non moins de 3 000 milliards de dollars (2 670 milliards d’euros) et 1 300 milliards de dollars (1 156 milliards d’euros) par an. Tous ces frais mis bout à bout, on atteint les 7 160 milliards de dollars (6 371 milliards d’euros). Et l’IEP double ce montant, estimant que s’il avait pu être injecté dans l’économie, cet argent aurait créé un supplément d’activité d’un montant équivalent.

L’Islande et l’Amérique aux extrêmes

Le coût de la violence représente 13,4 pour cent du produit intérieur brut mondial : c’est dire si la somme est astronomique. Bien loin derrière, la Belgique s’en tire avec 20,5 milliards de dollars – quelque 4,9 pour cent de son PIB. C’est en Islande que la population paie la violence au prix le moins fort : « à peine » 215 millions d’euros. Et du côté américain ? Il faut compter 6 320 euros par an et par habitant, soit un coût annuel supérieur à 2 000 milliards d’euros.

Bien que le monde soit un rien plus paisible par rapport à l’année précédente, les montants restent faramineux. Mais la tendance demeure négative si on l’observe à plus long terme. De fait, ces chiffres sont nettement supérieurs à ceux de 2008, année où l’IEP établissait son premier classement. Ils se traduisent par une augmentation de 15 pour cent en termes d’impact économique, qui, selon l’IEP, résulte surtout du nombre accru des guerres civiles et des réfugiés.

Le nombre de personnes qui ont péri lors de conflits a connu une hausse catastrophique. Il s’élevait à 49 000 personnes en 2010, mais c’était avant le déclenchement de la guerre civile en Syrie et le début des hostilités en Ukraine. On en mesure tout juste les conséquences : en 2014, le nombre de personnes dans le monde ayant perdu la vie lors de conflits est passé à 180 000.

L’article en V.O. sur Newsmonkey

 

Mots clés :
© DaarDaar ASBL 2017 - Mentions légales - Vie Privée