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En Flandre, Syriza bénéficie du soutien de… John Crombez

Photo : John Crombez, président du parti socialiste flamand

Source: The Irish Labour Party

6 juillet 2015

En Flandre, Syriza bénéficie du soutien de… John Crombez

Temps de lecture: 3 minutes

La situation a de quoi surprendre : totalement isolé sur l’échiquier politique européen, le parti de la gauche radicale grecque Syriza bénéficie du soutien de… John Crombez. Le président du parti socialiste flamand s’est même montré très virulent à l’encontre de ses homologues socialistes européens, dont Jeroen Dijsselbloem, président de l’Eurogroupe, et Matteo Renzi, premier ministre italien. « Leur attitude nous est très préjudiciable », a-t-il confié au quotidien De Standaard.

C’était déjà une évidence lors du rude combat qu’il a mené pour la présidence : John Crombez veut donner à son parti un profil plus affuté. L’intéressé n’a toutefois jamais dit clairement si le changement escompté impliquait un véritable « virage vers la gauche ». Le parti doit avant tout revenir à un modèle « socialiste sans compromis », a-t-on pu lire, sans savoir exactement quelle signification attribuer à la formule.

Lors de la campagne, la Grèce était déjà une pomme de discorde entre John Crombez et Bruno Tobback. Le président de l’époque n’a en effet jamais été un inconditionnel de Syriza et de ses idées populo-communistes, alors que Crombez n’a jamais caché sa sympathie pour Tsipras, que ce soit dans des tweets ou d’autres déclarations.

Aujourd’hui, Crombez replace donc son spa.a dans la lignée de la gauche radicale grecque et adresse au passage des critiques acerbes à ses homologues socialistes européens. « Il est absurde que quelqu’un comme Jeroen Dijsselbloem marche en tête de la lutte contre la Grèce. Je n’ai aucune affinité avec cet homme et je ne m’explique pas comment un socialiste peut se ranger ainsi du côté des grandes puissances financières, sept ans après le début de la crise des banques. Cette attitude est très préjudiciable à notre famille politique », a-t-il confié au quotidien De Standaard.

« Un gros problème avec nos homologues socialistes »

Matteo Renzi, premier ministre italien, ou Sigmar Gabriel, vice-chancelier allemand, ont également subi les foudres de Crombez. « J’ai un gros problème avec eux », admet-il. Seul le président François Hollande peut encore compter sur un peu de sympathie. « Vous savez, en tant qu’ancien secrétaire d’État, j’ai souvent été le témoin de grandes divergences de vues entre les sociaux-démocrates des différents pays d’Europe. »

John Crombez s’interroge aussi beaucoup sur les motivations des grands leaders européens : « souhaite-t-on écarter un gouvernement élu démocratiquement ? Ou est-ce simplement de l’amateurisme ? Il est clair que ces discussions ne doivent plus être menées au niveau de la Troïka ou de l’Eurogroupe. »

En tout cas, la désaffection du président socialiste flamand à l’égard de ses homologues européens n’est pas passée inaperçue. La semaine dernière, une figure influente des sociaux-démocrates allemands s’est montrée très critique à l’égard de Crombez, en dénonçant ses absences systématiques lors des activités du PSE, le parti socialiste européen. « Se désintéresse-t-il totalement de l’Europe ou faut-il y voir une attitude populiste volontairement antieuropéenne ? Nous n’avons pas encore eu le plaisir de pouvoir en discuter avec lui », avait-elle alors asséné.

Pourtant, cette diatribe semble davantage relever du procès d’intention : Crombez vient à peine d’être élu président et ne pouvait donc à ce moment pas encore prendre part aux réunions du PSE. Il ne s’agit pas non plus d’une posture volontairement négative : au cours des débats électoraux menés au sein du sp.a en vue de la présidence du parti, il avait ouvertement défendu le projet européen. Il ne s’est donc pas montré antieuropéen ou populiste, même s’il avait certes désapprouvé une série de positions de l’Union européenne jugées trop « libérales », dont la directive « services » ou l’accord de libre-échange avec les États-Unis. Mais cette critique adressée à la Commission européenne fut bel et bien partagée au niveau paneuropéen.

Les liens de Tsipras avec la Russie

À court terme, la résolution du problème grec est tout sauf acquise. Angela Merkel, la chancelière allemande, les a à nouveau mis sous pression cette semaine : nein, un marché n’est plus envisageable pour les Grecs à l’heure actuelle. Voyons tout d’abord ce référendum, en dépit de l’ultime proposition d’Alexis Tsipras, présentée comme « très raisonnable et constructive ».

Le moins que l’on puisse dire est que la position de Tsipras suscite l’irritation des autres leaders européens : absence de préparation, amateurisme, mauvaise volonté manifeste, intérêts conflictuels… Le portrait qui est dressé du premier ministre grec est peu reluisant. Et le fait qu’il lorgne vers la Russie pour faire valoir ses racines communistes et qu’il fasse les yeux doux au dictateur Vladimir Poutine n’améliore en rien son cas.

Wouter Verschelden

L’article en V.O. sur Newsmonkey

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Traduit du néerlandais par Guillaume Deneufbourg

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