Chacun sait que la ville d’Anvers n’est plus dirigée par Bart De Wever (N-VA), mais par Els van Doesburg, N-VA également. Mais dorénavant, après le nouveau remue-ménage provoqué par la manifestation propalestinienne à Anvers, tout le monde sait aussi que Groen a un nouveau président, et qu’il s’appelle Aimen Horch. Pourrait-on en finir avec ces petits jeux de mise en scène politique ?
En se faisant arrêter lundi soir, Aimen Horch a eu droit à son quart d’heure de gloire. Ce moment lui a été offert sur un plateau par une police anversoise particulièrement zélée. Des agents masqués l’ont traîné hors de la « masse ». Enfin, masse… c’est un grand mot.
Les militants propalestiniens n’étaient pas spécialement nombreux. Ils n’ont commis aucune violence. Ils n’ont pas vraiment provoqué de problèmes. Un peu de bruit, oui, ce qui peut avoir importuné des gens attablés en terrasse. Ils gênaient un peu le passage. On était bien loin d’une situation de crise. La réaction de la police anversoise, sous les ordres d’Els van Doesburg, a été excessive.
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La successeure de Bart De Wever avait déjà fait dérailler la situation. Les manifestants, un amalgame de militants arrivés de manière impromptue, voulaient faire entendre leur voix devant l’hôtel de ville pendant la séance du conseil communal. En les obligeant quasiment à se rendre là où plus personne ne les entendrait, la bourgmestre ne pouvait que s’attendre à de la désobéissance civile. Elle se trouve désormais embourbée politiquement, et ce, uniquement pour pouvoir laisser flotter un drapeau israélien sur l’hôtel de ville. Un drapeau que ses partenaires de coalition et l’opposition veulent retirer.
C’est finalement le Vlaams Belang qui a dû venir au secours de la bourgmestre et de la N-VA. Adieu, les principes démocratiques derrière lesquels se rangeait Bart De Wever, qui excluait toute coopération avec le Vlaams Belang. Van Doesburg ne dispose visiblement pas du sens tactique de De Wever, qui aurait probablement su désamorcer cette situation explosive.
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La bourgmestre, sous couvert de tolérance zéro, va trop loin. En même temps, il est vrai que pour organiser une manifestation, il faut une autorisation. Cet amalgame de mouvements pacifistes, de groupuscules de gauche, de militants écologistes et de citoyens acquis à la cause palestinienne ne pouvait pas l’ignorer. Les règles existent pour être appliquées, même lorsqu’elles sont inspirées par des motifs douteux et électoralistes. Et c’est ce qui nous ramène à Aimen Horch, le président de Groen. Il connaît les règles, et n’a pas à les bafouer.
La mise en scène des deux responsables politiques est navrante. Elle ne fait pas honneur aux innombrables victimes de Gaza ni aux ravages inouïs causés par le Hamas en Israël. La seule réponse doit être la retenue. En profiter pour se livrer à de l’agitation politique, c’est vraiment ce qu’il y a de plus bas.