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Monarchie : la réelle influence du roi Philippe
16·11·21

Monarchie : la réelle influence du roi Philippe

Temps de lecture : 2 minutes Crédit photo :

(cc) Pixabay

Noel Slangen
Auteur
Fabrice Claes
Traducteur Fabrice Claes

Hier, les drapeaux étaient de sortie dans tout le pays. Les gens se sont parés de noir, de jaune et de rouge afin de faire exploser sur toutes les places du royaume leur joie de vivre en monarchie. C’est du moins ce qu’il se serait passé le jour de la Fête du Roi si nous ne nous étions pas séparés des Pays-Bas en 1830. Chez nos voisins du nord, le jour de la Fête du Roi, tout le pays est recouvert d’orange. Chez nous, ce jour n’évoque pas grand-chose, si ce n’est un jour de congé supplémentaire pour les fonctionnaires. Peut-être que le Belge ne s’intéresse tout simplement pas aux jours fériés, car même la Fête nationale et la Fête de la Communauté flamande ne suscitent qu’un enthousiasme modéré.

Même les plus fervents adeptes de notre monarchie de boîte de biscuits sont bien forcés de le reconnaître : la fonction de roi est dépassée. Le monde entier ne compte plus que dix-huit monarchies, et la plupart d’entre elles ont été réduites à un rôle purement protocolaire. La simple idée qu’un chef d’État dépende uniquement de la rencontre d’un spermatozoïde et d’un ovule n’est plus de ce temps. Cependant, cela ne signifie pas le moins du monde que notre monarchie touche à sa fin.

Le prince « incapable »

En effet, et c’est assez remarquable, le prince dont tout le monde disait « qu’il n’en était pas capable » et « qu’il signifierait la fin de la royauté » a donné à la monarchie belge un nouveau souffle. En ces temps de polarisation tonitruante, de dispersion politique et de confusion entre sens de l’État et popularité médiatique, le roi Philippe demeure un exemple de calme et d’assurance. Les propos malheureux qui alimentaient autrefois les polémiques ont fait place à l’écoute et à une curiosité stratégique qui se manifeste dans les questions qu’il pose à ses visiteurs. Contrairement à bon nombre de ses prédécesseurs, le roi Philippe s’est résigné à l’idée que le roi n’a aucun pouvoir. Mais en même temps, il a fini par se rendre compte que sa fonction avait une réelle influence.

Cela fait longtemps que le roi, au même titre que les diables rouges, n’est plus le ciment qui lie entre eux les morceaux de ce pays poreux. Il n’en demeure pas moins que tous les efforts fournis par la famille royale pour surmonter les obstacles de la langue et de l’origine ont permis à Philippe de devenir petit à petit un facteur d’unité.

Comme un deuxième garage qu’on préfère garder

Certes, nul, aujourd’hui, ne songerait à doter une démocratie moderne d’une monarchie, mais maintenant que nous en avons une, une grande majorité des Belges souhaite la conserver. C’est un peu comme ce deuxième garage qui faisait déjà partie de la maison que l’on a achetée, que l’on n’aurait jamais construit, mais que l’on garde parce qu’il se révèle souvent bien pratique. Même si l’on estime qu’une famille royale relève avant tout de l’anachronisme, il faut reconnaître qu’une monarchie donne du prestige à un petit pays comme le nôtre et ouvre bien des portes à l’étranger, sur le plan diplomatique, mais aussi économique.

Ce qui distingue le roi Philippe du reste de sa lignée, c’est la manière dont il a créé à Laeken une ambiance familiale et chaleureuse. Ce qui frappe, dans la famille de Philippe et Mathilde, c’est l’affection. Une affection qui se voit déjà dans la manière dont la successeure au trône Élisabeth s’affiche face à son pays. Sa façon d’agir vis-à-vis de ce pays compliqué contribue à faire de la monarchie un ingrédient de ce qu’il reste d’unité dans notre nation.

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