«Le bulletin de l’enseignement flamand est mauvais, et c’est alarmant »

7 décembre 2017 | Auteur : | Traducteur : Fabrice Claes | Temps de lecture : 2 minutes

Ne tournons pas autour du pot : les résultats de la Flandre à un test international de lecture pour enfants de quatrième année constituent un sérieux camouflet. En dix ans, nous avons perdu notre place parmi les meilleurs élèves de la classe, alors que l’enseignement flamand a pour ambition – totalement justifiée – de viser le sommet.

Certes, en analysant les détails méthodologiques de l’étude et en coupant les cheveux en quatre, nous pouvons apporter quelques nuances à ces résultats. Mais il ne s’agit là que de nuances, qui n’effacent pas la réalité : le bulletin de notre enseignement est mauvais. Point.

Aucun autre pays ni aucune autre région ne reculent autant que la nôtre. À la suite des derniers tests menés au niveau du secondaire, les voyants étaient déjà au rouge. À l’époque, le déclin dans d’autres pays était similaire au nôtre, voire plus grave encore. Aujourd’hui, l’enseignement primaire flamand semble rencontrer des problèmes spécifiques en compréhension à la lecture, compétence pourtant cruciale pour le développement ultérieur des enfants.

Ce constat a de quoi tous nous alarmer. Notre petite région confortable et relativement heureuse bordée par la mer du Nord n’est riche que d’une seule matière première : le cerveau de ses habitants. Si nous peinons désormais à exploiter cette ressource, c’est le socle même de l’État providence qui vacille.

Et ce ne sont pas les explications hâtives que l’on entend ces derniers temps qui résoudront le problème. En effet, s’il est vrai que les enfants qui ne parlent pas néerlandais à la maison obtiennent de moins bons résultats que les autres, c’est bien le groupe des élèves qui parlent néerlandais à la maison qui chute le plus.

Puis, il s’agit d’un malaise spécifiquement flamand. Les explications catastrophistes habituelles sur les mutations de notre société perdent par conséquent toute leur pertinence. Dans les autres pays, les enfants ont aussi des smartphones et des tablettes, et ils regardent aussi YouTube et Cartoon Network. Peut-être que les enfants sont trop collés à leurs écrans, en effet, mais ceci n’explique pas pourquoi les nôtres sont plus faibles que les autres en lecture.

Mais pourquoi, alors ? L’explication la plus simple est peut-être la meilleure : il faut placer la barre plus haut. Et ce, d’abord dans les salles de classe. Dans aucun autre pays comparable au nôtre, on ne consacre aussi peu de temps en classe à l’apprentissage de la lecture. Et c’est sans doute dès l’étape de la formation des enseignants que nous n’accordons pas suffisamment la priorité à cette discipline.

Ceci dit, il ne faut pas rejeter une fois de plus toute la faute sur l’école. Trop peu d’enfants, d’après l’étude, aiment vraiment la lecture, ce qui relève avant tout de la responsabilité des parents.

L’amour du livre se transmet de bouche à oreille, par la lecture d’histoires à voix haute aux enfants. Il est toujours réjouissant ensuite de voir des marmots dévorer leur première bande dessinée ou un livre de jeunesse sur un banc. Cependant, il convient de considérer ces excellents ouvrages comme une entrée en la matière pour les nouveaux lecteurs, et non comme un objectif dont il faudrait se satisfaire.

À la maison aussi, on peut placer la barre plus haut.

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Traducteur : Fabrice Claes
Auteur :
Date de publication : 06/12/2017