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« Pas de sexe, pas de solo »: l’affaire Jan Fabre, un troisième procès #MeToo en Flandre
01·07·21

« Pas de sexe, pas de solo »: l’affaire Jan Fabre, un troisième procès #MeToo en Flandre

Tous les mercredis, notre responsable éditoriale, Joyce Azar, propose dans l’émission Matin Première (RTBF) une chronique vue de Flandre. Une fenêtre ouverte sur l’actualité du nord du pays.

Temps de lecture : 2 minutes Crédit photo :

(cc) Pixabay

Joyce Azar
Auteure

La décision est tombée en début de semaine : Jan Fabre va devoir comparaître devant le tribunal correctionnel. L’artiste et metteur en scène anversois est soupçonné d’harcèlement sexuel et attentat à la pudeur. La Flandre va ainsi connaître un troisième procès #MeToo cette année. 

Quand on évoque le nom de Jan Fabre, connu tant au nord qu’au sud du pays, on pense évidemment à la jolie sculpture de la tortue dorée chevauchée par l’artiste, ou encore au grand scarabée embroché dans un poteau sur une place de Louvain. 

Mais Jan Fabre, c’est aussi une accumulation de controverses. En 2012, lors d’un tournage, il avait suscité l’émoi en propulsant des chats vivants sur les escaliers de l’Hôtel de Ville d’Anvers. Quelques années plus tôt, il avait attiré les regards en revêtant la Salle des Glaces du Palais royal de plus d’un million de carapaces de scarabées.

Le plasticien multidisciplinaire est également metteur en scène et chorégraphe. Et dans ce cadre il fait régulièrement virevolter ses danseurs nus sur scène. Dans le spectacle « Mount Olympus », d’une durée de 24 heures, le public a même pu assister à une séance de masturbation collective. Bref, Jan Fabre est un homme qui aime choquer, et qui n’a pas froid aux yeux. 

« Pas de sexe, pas de solo »

D’aucuns le qualifient ainsi régulièrement d’enfant terrible. Mais certaines de ses méthodes se retournent aujourd’hui contre lui. 

Tout a commencé il y a 3 ans, en pleine période #MeToo suite à l’affaire Weinstein. Interrogé par la VRT, Jan Fabre déclarait alors que « la défense des femmes était une bonne chose, mais que dans sa troupe, la compagnie Troubleyn, « il n’y avait jamais eu de problème en 40 ans ». 

Les propos du metteur en scène ont, semble-t-il, été la goutte de trop face à des rumeurs déjà persistantes. Quelques mois plus tard, 20 anciens danseurs et collaborateurs de Jan Fabre décident de diffuser une lettre ouverte. Les performeurs y dénoncent le comportement de tyran du metteur en scène. Ils l’accusent notamment d’humiliation verbale, d’agression, de manipulation et d’abus de pouvoir. Une phrase revient régulièrement aux lèvres des victimes présumées : « Pas de sexe, pas de solo ».

La suite de la chronique de Joyce Azar sur le site Auvio de la RTBF :

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