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17 juin 2020

Gestion de crise: « Chers députés, ayez le courage de lancer une commission d’enquête! »

Temps de lecture: 2 minutes

Maintenant que la première vague du coronavirus semble officiellement sous contrôle, l’heure est au premier bilan. À l’échelle de la Belgique, le tableau s’annonce particulièrement sombre.

Le grand nombre de contaminations recensées dans notre pays est sans doute, en partie du moins, la faute à pas de chance. Tel que soulevé par Marc Ranst, les Belges ont eu le malheur de voir plusieurs foyers apparaître en même temps à travers le territoire – contrairement aux Pays-Bas, par exemple.

La responsabilité de la ministre De Block

Il n’empêche que ces coups du sort n’expliquent pas tout. Les conséquences désastreuses de la destruction du stock stratégique de masques de protection – sans procéder à son renouvellement – n’échapperont pas à quiconque se repasse le film tragique des événements. C’est notamment pour cette raison que nous ne disposions pas de suffisamment de matériel afin de protéger tout le monde, à des moments cruciaux, comme il se doit. Cette décision a coûté des vies humaines.

Il s’agit d’une faute grave que l’on ne peut en aucun cas imputer à une seule et unique personne. Mais en fin de compte, elle relève de la responsabilité politique d’un seul ministre : Maggie De Block (Open Vld), ministre fédérale de la Santé. Cette conclusion est certes lourde de conséquences, or quelqu’un doit avoir le courage de la tirer une fois pour toutes.

Des fautes graves dans la gestion de la crise

En Flandre (tout comme à Bruxelles et en Wallonie), le tableau n’est pas tout rose non plus. Reste que cette prise de conscience n’a pas encore vraiment eu lieu, aussi étrange que cela puisse paraître. Pour l’instant, l’idée selon laquelle tout le monde a fait de son mieux prédomine dans les esprits des analystes. Au Parlement flamand, la majorité estime d’ailleurs qu’une commission d’enquête à part entière n’est pas nécessaire.

Étrange. On ne parle pas ici de magouilles liées à des crédits maritimes (ndlr : en 2000, une commission d’enquête s’est penchée sur l’octroi et l’utilisation de crédits douteux). La lutte contre le Covid-19 a plongé ce pays, mais aussi cette région et cette communauté, dans la plus grande crise de son histoire depuis la Seconde Guerre mondiale. Dans la gestion des événements, des fautes ont été commises, comme le démontre une série d’articles parus dans ce même quotidien ces derniers jours.

Dans le feu de l’action, il est bien entendu humain que des gens commettent des erreurs. Il n’en demeure pas moins que cette série d’articles soulève des questions épineuses qui justifient pleinement la création d’une commission d’enquête parlementaire. Pourquoi la ministre affirme-t-elle qu’il n’y a jamais eu de pénurie de respirateurs, alors que les acteurs sur le terrain ont constaté le contraire ? Pourquoi une grande majorité des prestataires de soins prétendent-ils encore et toujours être insuffisamment préparés en cas de nouvelle vague d’infections ? Pourquoi la Flandre a-t-elle transféré bien moins de résidents de maisons de repos vers les hôpitaux par rapport au reste du pays ? Les principales institutions pouvaient-elles en faire davantage pour les citoyens ? Si les réponses à ces questions ne doivent pas nécessairement déclencher le scandale, il serait tout de même utile de les connaître.

Chers députés, ayez le courage de nommer une commission d’enquête

C’est pourquoi nous tenons à adresser une demande aux membres du Parlement flamand. Chers députés, veuillez relire les articles publiés dans ce journal à tête reposée. Reparcourez également la reconstitution du fil des événements tragiques qui ont lieu dans les maisons de repos, réalisée avec brio par nos collègues du quotidien De Standaard.

Et ayez le courage de nommer une commission d’enquête.

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