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Coronavirus à Anvers: cessons le jeu du « à qui la faute »

Image par Brian Dorff de Pixabay

30 juillet 2020

Coronavirus à Anvers: cessons le jeu du « à qui la faute »

Temps de lecture: 2 minutes

Alors que la ville et la province étaient encore groggy au surlendemain de l’annonce soudaine d’un couvre-feu « corona », venu s’ajouter à un faisceau de restrictions sociales déjà très rigoureux, on observait hier les premières répercussions : une pluie d’annulations dans les hôtels, les restaurants et l’événementiel. Les soldes risquent bien de laisser un goût amer aux commerçants de la métropole. Les propriétaires d’hôtels et de restaurants envisageraient même de fermer leurs portes jusqu’en septembre.

La Wallonie paie pour la Flandre

Ailleurs dans la province, les dents grincent tout autant. Même traitement pour tous : personne ne met le nez dehors la nuit. Et le jour, on sort masqué ou on ne sort pas. Les mesures sont fortes, draconiennes, surtout pour les huit communes où aucun nouveau cas n’a encore été recensé.

Les accusations ont vite fusé. La province d’Anvers est pointée du doigt par tout un pays. Un quotidien francophone optait même pour une Une à sensation : « La Wallonie paie pour la Flandre ». Comme une impression de retour d’ascenseur…

Anvers serait la seule à recenser correctement ses cas

Les yeux de la province sont quant à eux braqués sur son chef-lieu et ses communes périphériques. Dans la métropole, ce sont surtout les quelques quartiers où les foyers se sont déclarés qui sont sous le feu des critiques. Pour sa part, Bart De Wever ne serait pas Bart De Wever s’il n’avait pas riposté. Sa ville serait la seule à recenser correctement ses cas, contrairement à Bruxelles… Une attaque soufflée par Vincent Janssens, président de l’association de médecins généralistes Brusselse huisartsenkring, qui a affirmé que les tests étaient trop peu nombreux et trop lents dans la capitale, craignant un sous-recensement. Selon Sciensano, Bruxelles et ses communes périphériques compteraient quelque 150 infections, soit bien moins qu’Anvers – mais pas rassurant pour autant. Il n’en reste pas moins qu’Anvers est loin devant tous les autres.

Et la gouverneure anversoise de se retrouver dans la cage aux lions

Au cœur de la tempête, Cathy Berx, à qui le Conseil national de sécurité a confié la lourde tâche de rectifier le tir. Et la gouverneure anversoise de se retrouver dans la cage aux lions. Les pressions s’exercent de toutes parts : du fédéral, surtout francophone (certaines sources affirment qu’elles viendraient directement de Sophie Wilmès), des bourgmestres des communes, de Bart De Wever (farouchement opposé au port du masque obligatoire) et des représentants des secteurs les plus touchés par les nouvelles mesures.

Dans cette inlassable quête du coupable, n’oublions pas de distinguer l’essentiel de l’accessoire : le seul vrai responsable de cette situation demeure le coronavirus, en recrudescence partout selon les virologues, avec 122 communes ayant dépassé le seuil d’alerte. À ce titre, souvenons-nous que les souffrances d’aujourd’hui nous éviteront un nouveau chaos demain. Tout le reste est d’un intérêt secondaire.

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