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Allô le 101, parlez-vous néerlandais?

(cc) greyweed

25 août 2016

Allô le 101, parlez-vous néerlandais?

Temps de lecture: 2 minutes

Le ministre de l’Intérieur, Jan Jambon (N-VA), avait promis d’engager des travailleurs polyglottes dans les centres d’urgence, comme le 101. Force est de constater que ce n’est pas encore le cas.

Bruxelles / Dirk S., du Brabant flamand, est en colère après un incident avec le centre d’urgence. « En roulant sur l’E40, j’ai vu un gros tas de déchets. Un danger de mort ! Les voitures devaient slalomer pour le contourner et un motard a dû se livrer à des acrobaties pour l’éviter. »

Dirk S. appelle alors les secours, mais l’opérateur lui répond qu’il ne parle pas néerlandais. « J’ai raccroché, furieux. Ce n’est pas la première fois que cela arrive. J’espérais que ces difficultés linguistiques auraient été réglées, depuis le temps. »

Le ministre de l’Intérieur, Jan Jambon (N-VA), avait en effet promis de trouver une solution aux problèmes linguistiques de nos centres d’urgence : les citoyens qui appellent les secours doivent pouvoir parler à un interlocuteur qui maîtrise leur langue, ou du moins la comprend. Le cabinet du ministre souligne qu’entre-temps, des directives claires ont été adoptées afin d’éviter ce genre d’incidents.

Et du côté des secours, on insiste sur le fait qu’en pratique, ils ne peuvent plus arriver. « Si un opérateur de notre centre 101 de Liège, par exemple, ne parle pas l’autre langue nationale, il doit transférer l’appel à un collègue ou à un centre d’appels en Flandre », affirme Peter De Waele, de la police fédérale.

Même son de cloche à la direction de la Sécurité civile du ministère de l’Intérieur, responsable des centres de secours 100, chargés de l’envoi des pompiers et des ambulances.

Pour autant, dans certaines régions du pays, il reste extrêmement difficile de trouver des travailleurs polyglottes. « Le travail d’opérateur dans un centre d’urgence est lourd, stressant et sous-payé », affirme Alain Schellekens, syndicaliste CGSP. « Et en Wallonie, il est clair qu’il y a moins de profils qui maîtrisent le néerlandais. »

Exode des opérateurs

Nos centres d’urgence sont en proie à des difficultés depuis quelque temps, car les investissements sont quasi inexistants depuis des années. « Récemment, nous avons à nouveau tiré la sonnette d’alarme : au centre de Louvain, chargé du Brabant flamand, en raison des vacances et du manque d’effectifs, il n’y avait qu’un seul opérateur pour répondre à tous les appels au 100 », précise Alain Schellekens. « Des travailleurs supplémentaires ont été engagés, mais il faut du temps avant qu’ils ne soient opérationnels, et bon nombre d’opérateurs expérimentés quittent leur emploi à cause de la charge de travail. »

Le long de la frontière linguistique, le problème, qui existe depuis des décennies, perdure jusqu’à aujourd’hui, comme l’illustre l’incident de Dirk S.

« J’habite à proximité de la frontière linguistique depuis des années et ce n’est pas la première fois que cela m’arrive. Mais nous sommes en 2016 : je croyais que ces problèmes auraient été réglés. »

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