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Qui est-ce ? Lydia Peeters, la ministre qui a pris l’avion entre Bruxelles et Anvers

(c) Isopix

15 juin 2020

Qui est-ce ? Lydia Peeters, la ministre qui a pris l’avion entre Bruxelles et Anvers

Qui est-ce ? Une série de portraits de personnalités flamandes. Le tout Made in DaarDaar.

Temps de lecture: 3 minutes
Aubry Touriel
Auteur

Elle a pris l’avion pour un trajet de 40 kilomètres. Depuis, Lydia Peeters (Open Vld), la ministre flamande de la Mobilité, fait l’objet de critiques. Découvrez comment elle a fait son entrée en politique.

Vous en avez probablement entendu parler. Jeudi dernier, Lydia Peeters, la ministre flamande de la Mobilité, a effectué un voyage en avion entre Bruxelles-Anvers pour soutenir le redémarrage des aéroports régionaux après la crise du coronavirus. Ce voyage a indigné de nombreuses organisations environnementales.

Avant cette histoire, on connaissait peu cette libérale de 51 ans originaire de Maaseik (Limbourg). Qui est-elle et comment est-elle entrée en politique ?

La politique dans le sang

Cette femme politique limbourgeoise a attrapé le virus de la politique par son père. Lambert Peeters a été conseiller communal dans la ville limbourgeoise de Dilsen-Stokkem de 1982 à 1994. Pendant une courte période, il a également occupé le poste de bourgmestre. À ce moment-là, sa fille, étudiante en droit à la KULeuven, était membre des jeunes Vld à Dilsen-Stokkem.

Mariée à Jan Verlinden, lui aussi libéral, elle se présente pour la première fois aux élections pour le Parlement flamand en 1999. Le parti libéral n’étant pas très populaire dans la province du Limbourg, elle doit faire preuve de patience avant de pouvoir siéger dans l’hémicycle flamand.

En 2001, elle deviendra bourgmestre de sa localité Dilsen-Stokkem, poste qu’elle exerce encore, en titre. Entre 2009 et 2018, elle représente les électeurs du Limbourg au Parlement flamand. Qualifiée de « silencieuse et travailleuse », la députée se profile sur des questions telles que l’aménagement du territoire. Elle n’hésite pas d’ailleurs à poser des questions parfois difficiles à la ministre flamande de l’Environnement de l’époque Joke Schauvliege (CD&V).

Ministre limbourgeoise

À l’issue des élections communales, le ministre flamand Bart Tommelein devient bourgmestre d’Ostende et décide de délaisser son poste au sein du gouvernement flamand. Il faut alors lui trouver un remplaçant pour janvier 2019.

C’est chose faite en la personne de Lydia Peeters qui devient alors la ministre flamande du Budget, des Finances et de l’Énergie. La fonction de vice-Ministre président en charge de la Culture, des Médias et de la Jeunesse revient à Sven Gatz.

Ce faisant, l’Open VLD fait d’une pierre deux coups : il met en avant une femme et place ses pions pour les élections régionales de mai 2019 : le Limbourg est l’une des provinces où le parti libéral n’avait pas encore de figure emblématique.

Ce pari s’avère relativement payant : tête de liste pour cette province, elle a récolté 23.728 voix, la 5e place en termes de popularité. Face à la montée du Vlaams Belang dans le Limbourg (+14,3%), l’Open Vld limite la casse et conserve deux sièges, c’est ainsi le 5e plus grand parti.

Promotion grâce au gouvernement bruxellois

Lors de la formation du gouvernement bruxellois, l’ancienne présidente des libéraux flamands, Gwendolyn Rutten insiste pour que le MR soit inclus dans la coalition de la région capitale. Sven Gatz, qui menait les négociations avec Guy Vanhengel, n’a pas pu concrétiser ses demandes.

Résultats : le MR est absent du gouvernement bruxellois et une crise interne éclate chez les libéraux flamands.

Devenu ministre bruxellois en juillet 2019, Sven Gatz abandonne ses fonctions de vice-ministre président au sein du gouvernement flamand. C’est alors Lydia Peeters qui en hérite pour quelques mois, le temps que le gouvernement Jambon voit le jour.

La saga des bus électriques

En octobre 2019, les noms des ministres du nouveau gouvernement flamand sont connus. Lydia Peeters en fait de nouveau partie, mais, cette fois-ci, elle est en charge de la Mobilité et des Travaux publics. Depuis son début de mandat, elle a traité différents dossiers, dont celui des bus électriques à Gand.

En 2018, la société publique de transport De Lijn a lancé un projet-pilote de bus électriques à Anvers, Gand et Louvain. En consultation avec les villes, il a été examiné quelles lignes étaient éligibles et quel emplacement était le plus approprié pour installer des bornes de chargement.

En novembre 2019, De Lijn annule finalement le projet à Gand parce qu’il n’arrive pas à installer de bornes de recharge. Zuhal Demir (N-VA), ministre flamande de l’Environnement et de l’Énergie, s’empresse de pointer du doigt les autorités communales (coalition Open Vld, Groen, sp.a). Et à tort : le conseil gantois n’a jamais été averti de ce problème.

En charge du dossier, Lydia Peeters consulte les différentes parties pour trouver une issue. En mars, la décision tombe : fin 2021, trois bus électriques devraient rouler à Gand si tout se passe bien. Les voyageurs gantois devront encore s’armer de patience avant de monter dans un bus électrique…

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