Un Premier ministre à la botte des partis flamands

5 septembre 2017 | Auteur : | Traducteur : Herve Voglaire Sanchez | Temps de lecture : 2 minutes

Mi-juillet, le Premier ministre Charles Michel (MR) se félicitait de l’accord estival sur le budget. Pourtant, le mérite revient aux présidents de parti. C’est du moins la conviction de Bart De Wever, président de la N-VA. Ce dernier se targue une nouvelle fois d’avoir joué les faiseurs de rois au sein du gouvernement et avance que les règles du jeu sont dictées par les chefs de file des formations politiques.

« Lorsque le Premier et ses ministres se sont assis à la table des négociations en juillet, les grandes lignes de l’accord de l’été étaient déjà écrites ». Un des ténors de la majorité flamande se montre clair : les présidents de parti sont les véritables architectes de l’accord estival. La renonciation à l’équilibre budgétaire, l’instauration d’un impôt sur la fortune en échange d’une diminution de l’impôt sur les sociétés, une série de fixettes libérales… : tout est sorti du chapeau de Bart De Wever, Wouter Beke (CD&V) et Gwendolyn Rutten (Open VLD). Le Premier ministre s’est quant à lui chargé de l’aspect technique, de l’équilibre politique et a lancé l’idée d’une taxe sur les comptes-titres. Or, les contours principaux de l’accord étaient déjà dessinés.

Mercredi dernier encore, Bart De Wever revenait sur le sujet dans une interview accordée à la Gazet van Antwerpen. Après de longs mois marqués par la discorde entre la N-VA et le CD&V, Wouter Beke et l’homme fort du parti nationaliste ont fumé le calumet de la paix et ont convenu d’insuffler une nouvelle dynamique au gouvernement. « Wouter, je vais me mettre dans une situation délicate. Trouvons un accord. Tu as besoin de certaines choses, et moi d’autres », a-t-il indiqué, selon ses propres dires, à Wouter Beke. Par la suite, les deux hommes se sont réunis à plusieurs reprises avec leur homologue de l’Open VLD, Gwendolyn Rutten. Lors de la célébration du 11 juillet dans la cour intérieure de la maison communale de la Ville de Bruxelles, les trois intéressés étaient même en train de négocier au vu et au su des 300 invités et des caméras de télévision.

D’aucuns y voient là l’image d’un Premier ministre à la botte des partis flamands. « Le Premier est un diplomate de haut vol qui réalise un travail louable, mais le fait est qu’il se trouve à présent au sein d’un gouvernement dominé par les partis flamands. Il n’a jamais mené la danse face aux présidents de parti et vices-premiers ministres influents et ce n’est d’ailleurs pas près d’arriver », affirme le politologue Carl Devos (UGent).

L’axe De Wever-Beke-Rutten peut causer de sérieux maux de tête à Michel. Quand l’entente de la triplette est au beau fixe, en revanche, il en va de même au gouvernement. De Wever et Beke font pour l’instant abstraction de leurs différends pour emprunter ensemble le chemin de sortie. Pour autant, la méfiance entre leurs formations respectives continuera à régner. « Il y a déjà trop d’ombres au tableau. Que voulez-vous ? Si même le vice-premier ministre CD&V vient défier le président de la N-VA dans son fief, à Anvers, nous ne sommes pas sortis de l’auberge », conclut Carl Devos.

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Traducteur : Herve Voglaire Sanchez
Auteur :
Date de publication : 01/09/2017