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L’identité bruxelloise évolue, pas ses structures

(cc) dimitrisvetsikas1969 via Pixabay

19 juillet 2019

L’identité bruxelloise évolue, pas ses structures

Temps de lecture: 2 minutes
Fabrice Claes
Traducteur Fabrice Claes

Ce mercredi 16 juillet, à l’occasion de la présentation de l’accord de gouvernement bruxellois, le socialiste Rudi Vervoort a affirmé que « Bruxelles s’est émancipée du carcan des deux communautés. » C’est sur cette affirmation que semble se fonder l’accord de son nouveau gouvernement : la Région de Bruxelles-Capitale est devenue adulte et, pleine de confiance en elle, elle choisit sa propre voie, au nez et à la barbe de ses belles-mères flamande et francophone.

L’expression de l’identité bruxelloise s’est fortement affirmée ces dernières années. Il est révolu, le temps où Bruxelles était la capitale où se rencontraient Flamands et francophones. Bruxelles est devenue une ville plurilingue où le monde entier se rencontre. Sa population a grandi dans cette ville-monde. Les Flamands de Bruxelles sont devenus des Bruxellois flamands, c’est-à-dire des Bruxellois avant tout, puis des Flamands.

Cette réalité, la présidente de l’Open VLD Gwendolyn Rutten s’y est heurtée lorsqu’il s’est avéré que, même au sein de son propre parti, elle n’a pas réussi à contrôler ses troupes bruxelloises.
La Région de Bruxelles-Capitale est née de la troisième réforme de l’État en 1989. S’il est positif qu’elle veuille devenir adulte trente ans plus tard, elle devra néanmoins faire ses preuves face aux défis d’envergure qui l’attendent. Bruxelles présente une face rayonnante à bien des égards, mais aussi une autre face beaucoup moins reluisante par rapport à d’autres capitales européennes, notamment en matière de qualité de l’air, de mobilité, de propreté, sans parler de la pauvreté, du chômage ou de la qualité de l’enseignement.

Le grand handicap de la ville-région, ce sont ses structures, qui n’ont pas évolué au même rythme que son identité. Le tissu politique et administratif, encore scindé entre néerlandophones et francophones, doit en outre tenir compte des frontières des 19 communes que compte la capitale. Rudi Vervoort a confirmé sa volonté de coopérer positivement avec toutes les institutions afin de réaliser les grandes ambitions de son gouvernement. Un optimisme qui frôle les limites du réalisme.

La seule façon, pour la région, de devenir réellement adulte, c’est de mettre sur pied de nouvelles structures, autonomes et simples. Et pour ce faire, il est inutile d’attendre l’approbation des belles-mères des deux côtés de la frontière linguistique.

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