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Attaque terroriste en Nouvelle-Zélande : convergence d’idéologies entre le Belang et l’assaillant

(cc) Tommchen via Wikipedia

19 mars 2019

Attaque terroriste en Nouvelle-Zélande : convergence d’idéologies entre le Belang et l’assaillant

Temps de lecture: 2 minutes
Tine Peeters
Auteur
Traducteur Benoit Robert

Les points de convergence entre les discours et les idéologies nauséabondes de Brenton Tarrant, du Vlaams Belang et de Dries Van Langenhove sont indéniables.

« L’homme peut se battre pour sa liberté, mourir pour elle. Notre liberté en vaut la peine. » C’est par ces mots que Tommy Robinson, activiste islamophobe britannique, a conclu son intervention samedi dernier, devant les sympathisants du Vlaams Belang à Anvers.

Au lendemain de l’attentat terroriste commis par Brenton Tarrant en Nouvelle-Zélande, qui a coûté la vie à cinquante personnes, ces propos constituent une provocation totalement déplacée. Pour rappel, ce même Tommy Robinson avait déjà été banni de Facebook, de Twitter et d’Instagram pour ses déclarations outrancières sur les migrants et les musulmans. Des sorties qu’il revendique au nom d’une « liberté d’expression absolue ».

À l’évidence, le Vlaams Belang n’en a cure. Que du contraire. Aux yeux du parti d’extrême-droite, son expulsion du monde virtuel érige cet individu en « combattant de la liberté », en « héros des droits de l’homme ». Lors de la réunion de samedi, Dries Van Langenhove, fondateur de Schild & Vrienden et tête de liste du parti dans le Brabant flamand le 26 mai, s’est lui aussi vu porté au pinacle.

La venue de Robinson en Flandre apporte une indication claire du positionnement envisagé par le parti avant et après les élections du 26 mai. À la droite radicale du spectre politique. En dehors du cordon sanitaire. Le Vlaams Belang se distancie donc des autres partis, à dessein. Il ne prétend même plus lutter contre sa mise à l’écart du pouvoir.

Il ne reste rien des tentatives ambiguës visant à se montrer fréquentable en vue de participer, un jour, à la conduite des affaires. Depuis le début de sa présidence, Tom Van Grieken essaie de rendre le parti plus propre, mais l’influence du vétéran Filip Dewinter reste considérable. Pour ce dernier, grand garant de la ligne anti-islamique, le Vlaams Belang peut continuer à proférer ses obscénités sans la moindre gêne.

Mais le parti a-t-il conscience des conséquences ultimes de ce positionnement ? En donnant l’accolade à Robinson et à Van Langenhove, il légitime les propos nauséabonds qui se répandent dans les ténèbres virtuelles des forums d’extrême-droite. Pire encore, le Vlaams Belang extrait ces individus des antres de la Toile, leur déroule le tapis rouge et leur offre une tribune de choix.

Le Vlaams Belang n’est certes pas responsable des morts de Christchurch, et il n’existe aucun lien direct entre l’Australien Brenton Tarrant et le Flamand Dries Van Langenhove. Mais les points de convergence entre les discours et les idéologies de Brenton Tarrant, du Vlaams Belang et de Dries Van Langenhove sont indéniables. Des similitudes qui font froid dans le dos.

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