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Tuer et consommer les sangliers pour remédier à leurs nuisances?

(cc) Pixabay

18 octobre 2019

Tuer et consommer les sangliers pour remédier à leurs nuisances?

Temps de lecture: 2 minutes

Genk. Un train lancé à pleine vitesse happe trois sangliers. Zonhoven. Trois voitures entrent en collision en tentant d’éviter des sangliers. Beringen. Un sanglier attaque un chien. De plus en plus, la population s’émeut de la présence de sangliers dans certains quartiers résidentiels. En province du Limbourg, il ne se passe pas un jour sans que ces animaux ne fassent parler d’eux. Pas plus tard que mardi soir, à Heusden-Zolder, un automobiliste a été victime d’une collision avec 40 sangliers. Le conducteur est heureusement indemne, mais sa voiture est bonne pour la casse, et 19 animaux n’ont pas survécu.

Pour certains citadins du « losange flamand » (cette zone métropolitaine délimitée par Anvers au nord, Bruxelles au sud, Leuven à l’est et Gand à l’ouest, NDT), cette actualité risque de renforcer l’image d’une province de Limbourg lointaine, bucolique, caractérisée par le débit traînant de ses habitants, son réseau de pistes cyclables et son musée en plein air à Bokrijk. La présence de la louve Naya et de centaines de troupeaux de sangliers suscite déjà chez certains l’idée qu’on y vit véritablement au pays d’Astérix et Obélix. Au point de se demander pourquoi la statue qui orne la place du Marché de Tongres représente Ambiorix et sa hache et non Obélix avec un sanglier.

« Prosciutto Limburgo »

En un quart de siècle, en Ardenne et dans les cantons de l’Est, la population de sangliers est remontée à 24.000 têtes. Ils sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à trouver refuge dans le Limbourg. Ici aussi, leur nombre connaît une croissance exponentielle, avec toutes les complications qui s’ensuivent : les sangliers causent des accidents de la circulation ; ils labourent des jardins ; trop nombreux, ils constituent une menace pour les oiseaux nicheurs, les reptiles et les amphibiens ; dans le monde agricole, ils sont la hantise des éleveurs de cochons, car ils peuvent être porteurs de la peste porcine. Des mesures plus strictes s’imposent par conséquent. Nos politiques en sont conscients, comme en témoigne le texte de l’accord de gouvernement flamand, qui prévoit d’aborder « de manière rationnelle et scientifique la gestion des populations de sangliers sauvages ».

La ministre flamande de l’Environnement Zuhal Demir (N-VA) réclame que le gouverneur Herman Reynders réunisse une fois de plus toutes les parties concernées afin de passer au crible l’actuel plan de lutte contre les sangliers dans la province du Limbourg. Elle a en outre l’intention d’équiper la chaussée de grillages, à certains endroits critiques, et elle appelle les citoyens à signaler toute collision. Sera-ce suffisant ? Peut-être faudrait-il, à l’instar des modèles néerlandais et écossais, avoir recours à des chasseurs professionnels pour réduire cette surpopulation. Le nombre de 1.688 sangliers abattus en 2018 – soit les trois quarts dans le Limbourg – paraît d’ores et déjà insuffisant. Et pourquoi ne pas faire de nécessité vertu, selon le modèle italien, en élevant la viande de sanglier à la dignité de produit local du Limbourg ? Un « Prosciutto Limburgo » artisanal à 100 euros le kilo, comme le fameux Prosciutto di cinghiale de Toscane. L’image de la province, son économie et son tourisme ont tout à y gagner !

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