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(c) Pixabay

21 août 2018

Problématique des migrants : informer plutôt qu’enfermer

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Enfermer et rapatrier le plus possible. Telle est la politique du gouvernement fédéral en matière de traitement des personnes sans papiers, dont certaines, en route vers le Royaume-Uni, ne demandent pas l’asile chez nous.

Dans le port de Zeebruges, dix-huit migrants en transit ont été arrêtés. À Jabbeke, aux abords de la E40, un campement de tentes a été évacué et un migrant en transit a trouvé la mort, fauché par un conducteur auteur d’un délit de fuite. Ce qui retient surtout l’attention, c’est que la police, surchargée, ne semble plus pouvoir tenir la cadence.

C’est pourquoi le député CD&V Hendrik Bogaert a proposé d’enfermer et d’expulser tout migrant qui n’introduirait pas de demande d’asile. Pour le secrétaire d’État compétent, Theo Francken (N-VA), ce ne sera pas suffisant, notamment parce que les pays d’origine ne seront certainement pas disposés à tous les reprendre.

Cette histoire recèle son lot de vérités embarrassantes qu’il ne faut pas négliger, car tout porte à croire que la migration sera un enjeu des élections communales qui approchent.

Il y a de fortes chances que l’ampleur du problème, dont nous ne savons rien pour le moment, fasse l’objet de révélations au cours de la campagne électorale. Nous savons déjà que les chiffres entendus se basent parfois sur les arrestations de personnes identiques, et que le ministre de l’Intérieur, Jan Jambon (N-VA), affirme qu’il n’y a pas suffisamment de dossiers pour ouvrir un centre administratif spécial qui soulagerait la police.

Autre souci : l’enfermement et le rapatriement ne sont parfois pas possibles, tout simplement. Une partie des migrants, et même une partie importante selon certains experts, n’est pas rapatriable et il est donc impossible de les enfermer.

Enfermer et rapatrier, ce n’est donc pas la seule solution. Étant donné que les passeurs ne s’arrêteront pas et qu’on ne peut pas emmurer notre pays, c’est au niveau européen qu’il faut trouver une réponse au problème.

Cela ne nous empêche toutefois pas de fournir des efforts supplémentaires au niveau belge.

Une piste envisageable est de mieux informer les migrants. À Bruxelles, les associations d’aide aux migrants et la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés ont remarqué que les choses progressent quand les migrants en transit sont informés de leurs droits et devoirs et lorsqu’on leur explique que leur rêve d’atteindre l’Angleterre n’est peut-être pas réaliste. Bon nombre d’entre eux ont pour seule source d’information les passeurs, et ils ignorent donc tout de leur statut et des options dont ils disposent. Il arrive aussi que, par ignorance, ils aient peur de demander l’asile ici. Grâce à la transmission d’informations correctes, les migrants introduisent davantage de demandes d’asile, ce qui leur permet de sortir du vide juridique.

Cette approche, proposée au gouvernement mais rejetée par celui-ci, n’est pas la panacée. Pas plus que les autres approches d’ailleurs. Mais son avantage, c’est qu’elle permet d’engranger des résultats concrets tout en étant moins compliquée que les autres propositions, tant sur le plan juridique qu’organisationnel. Qui donc aura le courage de sortir de l’arène électorale pour introduire une telle proposition ?

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