Pension : quand les politiques prennent le citoyen pour un con

18 septembre 2017 | Auteur : | Traducteur : Maxime Kinique | Temps de lecture : 2 minutes

Le gouvernement Michel a présenté vendredi dernier son accord d’automne. La différence avec l’accord d’été ? On a entretemps remis les pièces dans le bon ordre, nous dit-on. Ce qui n’est pas du luxe dès lors que cet accord estival ressemblait à une pelote de laine avec laquelle une nichée de chatons enthousiastes s’en étaient donnés à coeur joie. Mais bon, le puzzle a entretemps été reconstitué, les points ont été mis sur les i et les détails ont été précisés. Du coup, l’équipe Michel a pu poser tout sourire pour la photo. 

Dès le départ, l’accord d’été était plus bancal que ce que nos ministres, partis s’amuser à Tomorrowland, voulaient bien laisser entendre. Il était en effet truffé de chiffres arrondis, de mesures incertaines et de décisions restant à prendre. Et pour couronner le tout, la présidente de l’Open VLD Gwendolyn Rutten a cru bon d’y mettre son grain de sel. 

Il y a dix jours, Rutten déclarait encore que l’accusation selon laquelle le gouvernement voulait s’attaquer à la pension des chômeurs de plus de 50 ans relevait de la foutaise. La mesure avait été annoncée, elle avait été défendue à la télévision par son collègue de parti Vincent Van Quickenborne, elle s’inscrivait en outre dans le mantra libéral prônant de récompenser ceux qui travaillent et elle a tranquillement suivi son chemin jusqu’à l’arrêté royal du ministre compétent mais d’après Rutten, seul un esprit malade pouvait conclure que le gouvernement avait réellement l’intention de mettre cette mesure en œuvre. Cette sortie de la présidente de l’Open Vld allait déboucher sur dix jours de chamailleries entre ministres du gouvernement Michel pour savoir si la mesure avait été décidée ou non…

Si une politique en matière de pension doit reposer sur la confiance du citoyen à long terme, la cacophonie des dernières semaines résonne alors comme le parfait contre-exemple de ce que doit être une bonne politique. Une seule couleur s’applique au « spectacle » des derniers jours : le rouge. Celui de la honte. Le gouvernement Michel devrait faire amende honorable mais la politique telle qu’elle se conçoit aujourd’hui s’accommode mal d’actes de contrition. Le leitmotiv du politicien contemporain, c’est de ne jamais reconnaître ses erreurs. Au contraire, plus il apparaît clairement que ce que vous dites n’a ni queue ni tête, plus vous devez défendre votre point de vue avec acharnement. Il faut croire que de nos jours, les politiciens sont animés de la conviction inébranlable que le citoyen moyen est vraiment un crétin !    

Rutten a mis à profit les derniers jours pour s’illustrer brillamment dans cet « exercice ». Après le chaos, elle a annoncé jeudi dernier que la mesure n’était plus d’actualité ou, mieux, qu’elle n’avait jamais existé. À peine une heure plus tard, la N-VA annonçait que rien n’avait en réalité encore été décidé. Allez, on se concentre sur le futur accord d’hiver à présent. Décidément, ce n’est pas la gêne qui étouffera nos politiques ! 

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Traducteur : Maxime Kinique
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Date de publication : 15/09/2017
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