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(cc) Geralt

22 septembre 2016

L’indéniable ressemblance entre la Flandre et la Wallonie

S’il faut retenir une chose de la séance inaugurale de Geert Bourgeois et Paul Magnette à l’Université de Hasselt, c’est qu’il n’existe pas ou peu de différences entre l’approche économique des gouvernements flamand et wallon.

Le professeur Carl Devos avait lancé les hostilités à l’Université de Gand : désormais, des élus politiques ou des figures importantes de la société civile donneront des séances inaugurales dans les universités. Cette année, c’est l’Université de Hasselt qui a décroché le gros lot en accueillant Lode Vereeck, professeur d’économie ­­– et sénateur à ses heures perdues. Ce dernier a réussi la prouesse de rassembler hier à Diepenbeek le ministre-président flamand Geert Bourgeois et son homologue wallon Paul Magnette. Un coup de pub ? Connaissant un peu Lode Vereeck, on ne peut en douter. Mais la chose n’en reste pas moins intéressante.

Avec l’accentuation de la régionalisation, les politiques flamands se rendent de moins en moins en Wallonie et inversement. La presse flamande et la presse francophone se focalisent donc la plupart du temps sur « leurs » élus. Nous vivons ainsi toujours en partie dans le passé et entretenons les mêmes préjugés et les mêmes caricatures vis-à-vis de l’autre communauté. Nous l’avons à nouveau constaté avec la fermeture de Caterpillar, où la VRT a jugé utile de ressortir les vieux clichés d’une ville de Charleroi appauvrie, alors même qu’elle multiplie les initiatives novatrices.

Bourgeois et Magnette nous auront appris une chose lors de cette séance inaugurale : il n’existe pas ou peu de différences entre l’approche économique des gouvernements flamand et wallon. Les deux régions misent sur une collaboration entre le gouvernement, les centres de connaissances et les entreprises pour accompagner la transition depuis l’ancienne industrie (de fabrication) vers l’économie de demain, avec des investissements dans la recherche et le développement, les couveuses d’entreprises et les ecovalleys.

Bien entendu, il subsistera toujours des différences économiques entre la Flandre et la Wallonie. C’est pour cette raison qu’il existe encore des transferts financiers du nord au sud. Et en soi, ces transferts ne devraient pas poser problème. Mais la question est de savoir à quoi ils sont destinés et vers quoi ils mènent. C’est là que le bât blesse : ils ne sont pas toujours dépensés à bon escient. Contrairement à la Flandre, on trouve encore en Wallonie beaucoup d’organismes gouvernementaux où les exercices d’équilibre politiques et l’hégémonie des partis priment sur les intérêts économiques. La Wallonie – et en particulier le PS – a encore du chemin à parcourir. On peut se demander si le PS, qui sent le souffle rauque du PTB dans sa nuque, a encore les moyens et l’envie de changer la donne. Il le faudra bien. Nous avons pris toute la mesure de cette nécessité après la fermeture des mines du Limbourg et des charbonnages et des aciéries du Hainaut. Les deux provinces ont reçu autant d’argent l’une que l’autre : le Limbourg l’a utilisé pour attirer des nouvelles entreprises, tandis que le Hainaut l’a trop longtemps employé pour renforcer ses structures. La différence de résultats entre les deux provinces se passe de commentaires.

 

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