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8 novembre 2016

Les syndicats ont-ils récolté ce qu’ils ont semé ?

Le gouvernement a décidé de museler deux petits syndicats du rail, le SACT et le SIC. Cela s’est fait pratiquement sans bruit. Désormais, déposer un préavis de grève sur le rail est le privilège d’organisations syndicales qui sont représentées dans les organes de concertation nationaux et qui comptent un nombre minimal de membres. Le dépôt d’un préavis de grève aux chemins de fer est strictement réglementé, dans le but d’éviter les grèves sauvages.

Interdire la grève aux petits syndicats de cheminots était en projet depuis quelque temps déjà. Le pouvoir des petits syndicats qui, avec un minimum d’efforts, peuvent provoquer un maximum d’ennuis irrite les partis de la majorité à la façon d’un ulcère douloureux. Il est toutefois pour le moins surprenant de voir que le gouvernement, dans un même élan, décide de faire entrer un autre petit syndicat dans les organes de concertation.

Il n’est pas impensable que la mesure du gouvernement puisse compter sur la compréhension nécessaire de la part de la population, avec la devise : les syndicats récoltent ce qu’ils ont semé. Il faut dire que du côté des voyageurs qui, ces dernières années, ont été les victimes de l’une ou l’autre grève sauvage ou non, annoncée ou non, de l’un ou l’autre de ces syndicats, la contrariété est grande à l’égard du manque de fiabilité des chemins de fer. Le fait que ces actions soient organisées pour le maintien de privilèges et de statuts qui doivent être payés par des gens qui ne profiteront jamais de ces privilèges et statuts ne fait qu’augmenter la compréhension des voyageurs.

Il est cependant préoccupant de voir que le gouvernement traficote si ouvertement et sans la moindre gêne avec les libertés syndicales. On est en droit de se demander si l’éviction des petits syndicats n’est pas le signe avant-coureur de quelque chose de plus grave. Les syndicats, quant à eux, sont en droit de craindre que le gouvernement ne limite encore davantage le droit de grève. Il n’est un secret pour personne que ce gouvernement n’a pas une haute estime des syndicats, et vice versa. Tout le monde sait qu’à l’hôtel de ville d’Anvers réside un président de parti qui se porte d’autant mieux qu’il voit moins les syndicats.

Même si les choses n’iront sans doute pas jusque là, il n’est pas néfaste de se rappeler que les acquis sociaux que nous avons obtenus au siècle dernier, nous les devons à des syndicats puissants et indépendants qui ne reculent pas devant une bonne grève de temps à autre. Si nous ne les avions pas acquis, nous travaillerions peut-être encore 6 jours par semaine et 14 heures par jour pour un euro de l’heure. Ou, comme un syndicaliste nous le disait encore hier : la première chose que les dictateurs suppriment, c’est la liberté de la presse et les droits syndicaux.

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