L’artillerie antiaérienne de Bart De Wever

26 juin 2018 | Auteur : | Traducteur : Fabrice Claes | Temps de lecture : 2 minutes

Cela faisait trois ans que les présidents de partis (flamands, ndlr) n’avaient pas croisé le fer. Le débat était courtois et pavé de positions convenues. Du moins, jusqu’à ce que Bart De Wever sorte l’artillerie antiaérienne pour descendre en flammes et sans merci le remplaçant français du F16 : un avion bon à rien, dont la Défense peut se passer.

Il aurait pu le formuler autrement : il faut être un imbécile pour considérer un tel achat. Évidemment, s’exprimer ainsi aurait été extrêmement impoli envers le Premier ministre, qui avait mis sur la table le Rafale de son ami Macron. Charles Michel avait déjà recadré le ministre de la Défense, Steven Vandeput (N-VA), à ce sujet. En effet, le ministre s’était dit défavorable à l’offre du constructeur français alors que c’était au gouvernement de décider. Peu avant, c’était Theo Francken qui s’était fait taper sur les doigts en raison de ses propos sur l’asile et la migration car là aussi, c’était au gouvernement de décider. Charles Michel entendait passer pour l’homme qui allait régler tous les dossiers difficiles. Pour faire progresser le gouvernement, bien sûr, mais aussi pour faire oublier l’image qu’on a de lui en Wallonie, où son électorat prétend que ce n’est pas lui, le vrai chef du gouvernement. Dimanche, la stratégie du Premier ministre a subi un fameux revers, comme l’illustrent clairement les titres des médias francophones après le débat dominical. Et c’est De Wever qui a rendu le coup de grâce en expliquant que le Rafale était un des choix proposés, et qu’il fallait le prendre en considération par politesse.

Le président de la N-VA était en forme, ce dimanche. Après avoir démonté le Premier Ministre, il a distribué une nouvelle salve, mais vers un autre partenaire de coalition cette fois-ci : le CD&V, avec qui il ne s’entend plus depuis des années. Une solution pour régler les investisseurs dupés dans le dossier Arco ? Réponse de De Wever : il va bien falloir reconnaître un jour que l’argent est parti. Deux partenaires de coalition torpillés sans ménagement, et ce dans un débat même pas captivant. Deux dossiers importants encore sur la table du gouvernement touchés et coulés par des missiles de croisière.

Ces derniers mois, le monde de l’entreprise a démontré qu’il était temps de prendre des décisions importantes car l’avenir économique s’annonce moins rose que prévu. Des grèves et des manifestations ont également éclaté pour dénoncer le manque de clarté dans le dossier des pensions, entre autres. Pour le dire sans courtoisie, il faut être un imbécile pour s’imaginer que les présidents de partis ont envie de gouverner encore un an et de prendre de vraies décisions.

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(c) Capture d’écran « De Zeven dag » (VRT NWS)

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Traducteur : Fabrice Claes
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Date de publication : 25/06/2018
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