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L’abattage sans étourdissement, pomme de discorde du gouvernement bruxellois

(cc) Free-Photos via Pixabay

24 octobre 2019

L’abattage sans étourdissement, pomme de discorde du gouvernement bruxellois

Temps de lecture: 2 minutes

L’interdiction de l’abattage sans étourdissement est en passe de devenir la nouvelle pomme de discorde du gouvernement bruxellois. La Cour de Justice de l’Union européenne devrait se prononcer sur le sujet d’ici un an, comme le lui a demandé la Cour constitutionnelle belge. Lorsqu’elle rendra son arrêt, le gouvernement bruxellois devra bien prendre position.

Bruxelles mettra-t-elle fin à cette méthode d’abattage cruelle ou restera-t-elle la seule région de notre pays à continuer de l’autoriser ? À l’inverse, la Flandre et la Wallonie devront-elles faire machine arrière et à nouveau permettre la pratique de l’abattage halal ?

Notre journaliste est partie en reportage à Anderlecht accompagnée d’un photographe. Chaque année, des dizaines de milliers d’animaux y sont abattus rituellement. Elle a assisté à des scènes sanglantes, mais a aussi constaté la compréhension des exploitants de l’abattoir. La demande vient des clients. À qui d’autre les juifs et les musulmans pourraient-ils s’adresser ?

Au sein de la société actuelle, c’est l’une des thématiques intéressantes qui supporte difficilement une lecture manichéenne. D’un côté, on lutte pour la liberté religieuse, un fondement de notre état de droit. La liberté de vivre sa religion : voilà tout l’enjeu pour les musulmans et les juifs.

Car le Coran et la Thora sont clairs : les animaux doivent être tués au couteau. Les musulmans et les juifs préfèrent encore ne pas manger de viande que de consommer de la chair impure.

Pourtant, la majorité des Belges considèrent cette pratique comme cruelle et entendent y mettre fin au nom du bien-être animal. Selon une enquête, la plupart des Bruxellois ne la voient pas non plus d’un très bon œil.

Ce n’est un secret pour personne : sur le plan politique, voilà des années qu’il est extrêmement difficile d’envisager l’interdiction. Les partis néerlandophones du gouvernement bruxellois et Défi la soutiennent fermement. Écolo et le PS sont divisés — ce qui est curieux quand on sait qu’en Wallonie, ces deux partis de gauche se sont prononcés pour la prohibition.

C’est alors qu’entrent en jeu les électeurs, les militants et les élus de culture musulmane. Ils ne veulent pas en entendre parler et parviennent à influencer jusqu’au siège de leur parti.

Si les débats sur la laïcité font actuellement rage au sein du PS et d’Écolo, il est peu probable que les partis parviendront à surmonter leurs divisions : l’enjeu électoral est trop important. Dans l’intervalle, on attend avec beaucoup d’impatience le jugement de la Cour de Justice de l’Union européenne.

D’autres États membres, aux prises avec les mêmes questions, retiennent également leur souffle. Car cet arrêt pourrait jeter les bases d’une nouvelle ère en Europe : le bien-être animal en sortira-t-il gagnant ou la liberté religieuse sera-t-elle (à nouveau) considérée comme intouchable ?

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