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La Belgique acquiert peu à peu une réputation de raciste à l’international

(cc) mmi9 via Pixabay

6 octobre 2020

La Belgique acquiert peu à peu une réputation de raciste à l’international

Temps de lecture: 2 minutes
Auteur
Fabrice Claes
Traducteur Fabrice Claes

L’affaire Sanda Dia n’a pas fini de nous hanter

Quelques semaines après la diffusion dans le monde entier des images de l’agonie de Jozef Chovanec sous les saluts nazis de la policière, c’est au tour de la mort de Sanda Dia de faire le tour du monde. Le New York Times, un des journaux les plus réputés du monde, un quotidien lu par presque tous les dirigeants de ce monde, a consacré le week-end dernier un long article au jeune étudiant anversois qui a perdu la vie à la suite d’un bizutage particulièrement violent.

Le cercle Reuzogom en question

Le titre de l’article donne le ton : « Un étudiant noir belge pensait s’en sortir grâce à une association étudiante. Il en est mort. » L’article se concentre sur ce qui oppose Sanda Dia, fils d’un ouvrier sénégalais réfugié en Belgique, et les membres du cercle Reuzegom, constitué de « l’élite blanche anversoise ». Dans un premier temps, rapporte le journal, la mort de Sanda Dia en décembre 2018 avait été considérée comme un accident tragique. Entre-temps, une photo de membres de Reuzegom en habits du Ku Klux Klan et une vidéo d’un chant raciste et d’un discours d’un membre du cercle parlant de « notre bon ami Adolf » ont été dévoilées, ce qui apporte un tout autre éclairage sur l’affaire.

Et le quotidien new-yorkais d’enchaîner avec la montée de l’extrême droite dans notre pays. La mort de Sanda Dia est perçue comme « un symbole de l’intolérance qui monte » en Belgique. Autre exemple rapporté par les journalistes : les symboles nazis arborés lors de la manifestation organisée par le Vlaams Belang à Bruxelles.

Une réaction attendue

Le premier ministre Alexander De Croo et son gouvernement auront du pain sur la planche. Petit à petit, la Belgique acquiert la réputation d’un pays tolérant envers le racisme et le néonazisme. Certes, nous pouvons arguer du fait qu’il s’agit d’exceptions. Que les saluts hitlériens, les symboles nazis, les tenues du KKK et les chants racistes ne sont le fait que d’une petite minorité. Mais il conviendrait d’y réagir fermement, ce qui n’est pas forcément le cas aujourd’hui.

À cet égard, il est regrettable que la KU Leuven s’entête à ne pas se constituer partie civile dans l’affaire Sanda Dia. Malgré tous les faits révélés, l’université semble plus préoccupée par le sort des coupables que des victimes, ce qui suscite l’incompréhension des proches de Sanda Dia et de nombreux professeurs louvanistes, mais également de nombreux lecteurs du New York Times, qui ne mâchent pas leurs mots : « Si Sanda Dia avait été blanc, aurait-il connu le même sort ? » Il va de soi que pour la KUL et son directeur Luc Sels, il s’agit d’un problème majeur : la réputation de l’université sur la scène internationale est compromise, avec toutes les conséquences que cela engendre.

Sels serait bien inspiré d’admettre, tant qu’il est encore temps, qu’il a mal évalué cette affaire. Il n’y a rien de mal à suivre la voie du progrès. L’acharnement thérapeutique, par contre, n’apportera rien de bon.

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