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Élections 2019 : une étrange campagne

Image by Dimitris Vetsikas from Pixabay

21 mai 2019

Élections 2019 : une étrange campagne

Temps de lecture: 2 minutes
Auteur
Fabrice Claes
Traducteur Fabrice Claes

Si la campagne ne se concentre pas d’urgence sur l’essentiel, nous nous dirigerons tout droit vers un gouvernement qui n’aura demandé le soutien de personne pour faire ce qu’il y aura à faire.

Ce week-end a marqué le coup d’envoi de la dernière étape d’une campagne pour le moins singulière.

Singulière d’une part car elle a commencé très tôt, par une discussion en profondeur sur la politique migratoire qui a provoqué la chute du gouvernement. Elle s’est ensuite déplacée sur le terrain du climat, puis de l’enseignement et finalement, la semaine dernière, sur celui des pensions. À l’entame de cette dernière semaine de campagne, tous les sujets de discussion semblent épuisés et les partis n’ont quasiment plus rien à dire.

Singulière d’autre part car tout le monde semble éluder une question centrale, à laquelle il faudra pourtant répondre dès le 27 mai : qui va passer à la caisse ? Il y a cinq ans, après cinq ans de gouvernement Di Rupo (PS), le débat s’articulait clairement autour du choix à faire entre une diminution ou une augmentation des impôts et des dépenses publiques. Aujourd’hui, cette question semble n’intéresser personne.

N’est-il pas frappant de voir que les deux grands moments de la campagne furent lorsque les deux grands favoris du côté flamand ont dû reconnaître, non sans nervosité, que l’argent ne tombera pas du ciel ? Groen a dû concéder que le remplacement d’une voiture-salaire par un budget mobilité sera in fine moins avantageux pour le travailleur, tandis que la N-VA a dû admettre que le vieillissement de la population forcera les responsables politiques à repousser l’âge de la pension au-delà des 67 ans.

Et les autres partis ?

Estiment-ils que le vieillissement de la population et la lutte contre les dérèglements climatiques ne coûteront ni argent, ni efforts ? Quoi qu’il en soit, c’est ce qu’ils tenteront de faire. Plus qu’une semaine à tenir avant que la réalité les rattrape. Il est toutefois intéressant de remarquer que nous ne saurons pas avant le 26 mai si les partis comptent taxer davantage ou dépenser moins.

Du côté francophone, Paul Magnette rêve d’un gouvernement PS-Ecolo qui, à la lumière des sondages, pourrait obtenir une majorité. En Flandre, les tout derniers sondages semblent indiquer une grande percée du Vlaams Belang, et pas nécessairement aux dépens de la N-VA. En effet, ces sondages prédisent que les deux partis, ensemble, récolteraient 43 pour cent des suffrages, c’est-à-dire cinq points de plus qu’il y a cinq ans.

Au Parlement flamand, ce résultat permettrait aux deux partis d’obtenir une majorité des sièges dans les petites commissions, où sont votés les projets et propositions avant de passer en plénière. Étant donné que personne ne souhaite collaborer avec le Vlaams Belang, la N-VA deviendrait alors incontournable.

Au fédéral, la solution ne viendra pas des urnes mais des négociations de formation du gouvernement. Avec la difficulté supplémentaire que l’électeur n’aura clairement donné à aucun parti le mandat de faire ce qu’il y aura inévitablement à faire. Autant dire que si vous vous sentez trompé parce que personne n’avait annoncé, il y a cinq ans, le passage de l’âge de la pension à 67 ans d’ici 2030, vous n’avez encore rien vu.

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