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Covid-19 : « Moi d’abord et le reste peut crever »

(cc) RyanMcGuire via Pixabay

7 octobre 2020

Covid-19 : « Moi d’abord et le reste peut crever »

Temps de lecture: 2 minutes
Traducteur Laurence Hamels

Le nombre de contaminations est en forte hausse, les admissions dans les hôpitaux s’intensifient, la courbe des décès est de nouveau ascendante. Pour réprimer cette tendance, une seule possibilité : la solidarité, érigée en rempart contre le virus. Mais, nous n’avons pas tous retenu la leçon qui nous a été donnée au printemps. Cette évidence se vérifie particulièrement dans le cas du bourgmestre d’Alost.

Laisser son intérêt personnel de côté aide à endiguer le virus. Nous en avons fait le constat au printemps dernier. À présent, nous connaissons la chanson : limiter les contacts physiques, tenir la distance, se laver les mains, et ainsi de suite. En tant que citoyens, nous pouvons apporter notre pierre à l’édifice de cette manière. Mais c’est aussi là que notre contribution s’arrête.

Le nouveau gouvernement doit montrer qu’il a moins froid aux yeux que le cabinet de fortune Wilmès. En cette nouvelle période de crise, nous avons grand besoin d’une ligne de conduite pour éviter l’enlisement. Le gouvernement doit oser prendre les mesures qui s’imposent. Si cela implique un retour au télétravail, qu’il en soit ainsi. Pareil s’il faut passer par une réduction de la taille des bulles. Et si les événements organisés en intérieur font de nouveau l’objet de restrictions, qu’à cela ne tienne.

Les hommes et femmes politiques n’aident pas toujours à se tenir à la règle. Ces derniers mois, plusieurs atteintes à la solidarité ont été relevées. Le pire exemple est imputable au bourgmestre N-VA d’Alost, Christoph D’Haese. En effet, celui-ci ne veut plus que sa ville accueille des patients en provenance des hôpitaux bruxellois surchargés, alors que, comme le prévoit le plan de répartition, la collaboration est de mise. « Les limites de notre solidarité médicale ont été atteintes », a-t-il déclaré. En d’autres termes, les patients, qui ont besoin de soins pour survivre, les soignants, qui sont de nouveau sur les rotules, ils peuvent claquer, eux. Ce n’est pas leur faute si les autorités de la Région de Bruxelles-Capitale ont réagi trop tardivement et sans grande fermeté.

Notre combat solidaire contre le virus ne devrait pas connaître de limites. Or, visiblement, une partie de la population ne partage pas cet avis. Animés par la devise « moi d’abord », ces gens n’en font qu’à leur tête. Mais personne, et surtout pas une personnalité politique, ne peut remettre la solidarité médicale en question. Un patient qui a besoin de soins urgents ne devrait pas être étiqueté comme « autochtone » ou « de seconde zone ». Dans le même ordre d’idées, il ne manquerait plus qu’un « notre peuple dans nos lits d’hôpitaux », ce serait le comble de l’abject.

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