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Covid-19 : la maison Flandre est aussi en flammes

(cc) RonaldPlett via Pixabay

29 octobre 2020

Covid-19 : la maison Flandre est aussi en flammes

Temps de lecture: 2 minutes
Yves Lambrix
Auteur
Dominique Jonkers
Traducteur Dominique Jonkers

Nous avons beau vivre dans un pays minuscule et densément peuplé, nous n’en sommes pas moins détenteurs d’un certain nombre de records — plus absurdes les uns que les autres. Ainsi, en 2010-2011, la Belgique a vécu sans gouvernement fédéral pendant 541 jours. À part Eddy Merckx, nul n’a jamais remporté cinq fois le Tour d’Italie. Le plus important vol de diamants du siècle, le record Guinness du plus grand nombre de bières différentes disponibles dans un seul et même café, et l’enchère la plus élevée de l’histoire pour un pigeon voyageur (par Internet) : tout ça, c’est du Belge.

À cette liste s’ajoute depuis hier un triste record : la Belgique détient le record de la plus lourde incidence de cas de Covid-19 d’Europe, avec 1391 cas pour 100.000 habitants, détrônant la République tchèque.

Le nombre de contaminations (13.052 par jour) et le nombre d’hospitalisations (689 par jour, record battu) continuent d’augmenter. Le gouvernement fédéral et les gouvernements régionaux vont donc se réunir à nouveau en comité de concertation, dès vendredi. À l’agenda, entre autres : l’évaluation de la fermeture des établissements Horeca et celle du couvre-feu. Sans attendre, la Wallonie et Bruxelles ont décidé unilatéralement d’aller plus loin, imposant un couvre-feu et des règles limitant les activités de loisirs, d’une manière plus restrictive que la Flandre.

Et la Flandre, justement ? Eh bien, pour tenter de maîtriser la progression du coronavirus dans les statistiques, le gouvernement flamand a lui aussi (mais après les autres) fini par durcir sa position. Dès vendredi, les institutions culturelles, les piscines et les centres de fitness devront fermer leurs portes. On limitera les activités des enfants de plus de 12 ans et les visites aux maisons de retraite. Quant à l’enseignement supérieur, il ne fonctionnera qu’en distanciel. Le couvre-feu est maintenu, de minuit à 5h du matin, et les marchés pourront rester ouverts. Malgré certaines (fortes) réticences, la réalité des chiffres, doublée des pressions exercées par les experts, les gouverneurs et les bourgmestres, n’aura laissé aucun choix au gouvernement flamand.

D’où la volte-face du ministre-président flamand Jan Jambon. Même lui ne peut nier plus longtemps que la maison Flandre est en flammes et qu’il lui faut par conséquent, quoiqu’à contrecœur, tout faire pour éteindre l’incendie. Ce n’est pas la première fois que le regard que porte Jan Jambon sur le triangle leadership/empathie/communication l’envoie droit dans le mur. C’est notamment dû au fait qu’à l’instar de nombreux membres de son parti, il continue de considérer la lutte contre le coronavirus comme une question idéologique, où l’ennemi serait d’abord la politique gauchiste menée à Bruxelles et en Wallonie.

« Ce que nous faisons nous-mêmes, nous le faisons mieux », disait le tout premier ministre-président flamand Gaston Geens il y a plus de trente ans.

Cette crise sanitaire, la plus grave de notre temps, apporte (une fois de plus) la preuve du contraire.

Il n’est pire sourd…

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