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(cc) TanteTati via Pixabay

31 janvier 2019

« Ce n’est peut-être pas officiel, mais le cordon sanitaire a bel et bien été rompu »

Lundi dernier, lors de la première réunion du district anversois de Berendrecht-Zandvliet-Lillo (BeZaLi), le conseil a d’emblée eu besoin du soutien du Vlaams Belang en vue de l’approbation du premier point figurant à l’ordre du jour. Selon le politologue Dave Sinardet, ce contexte prouve à nouveau que le cordon sanitaire a été rompu politiquement, à défaut d’annonce officielle, dans le district du polder anversois.

Le district en question est gouverné par une coalition formée par la N-VA et le CD&V qui, avec 6 et 1 sièges respectivement, n’atteignent pas les 8 sièges synonymes de majorité. Les deux formations ont néanmoins pu mettre le pied à l’étrier, grâce à une main tendue de la part d’An Van Nuffelen. Élue sur la liste du Vlaams Belang, elle a depuis lors quitté le parti pour faire cavalier seul.

La manœuvre n’a pas tardé à déchaîner les foudres. Les jeunes du CD&V anversois ont déposé plainte au Conseil provincial de leur parti. Ils estiment que le cordon sanitaire a été brisé et ne peuvent accepter de voir le CD&V collaborer avec une élue issue d’une liste extrémiste. La plainte n’a pas encore été traitée.

Du côté de la N-VA, la coalition est jugée acceptable étant donné qu’An Van Nuffelen a quitté le Vlaams Belang.

Majorité étriquée

La majorité, obtenue sur le fil, a également fait grincer des dents dans les rangs du CD&V et de la N-VA. La voix de Van Nuffelen, qui a fait pencher la balance, a manifestement semé la zizanie d’entrée de jeu. Ainsi, lors de la première séance du conseil, Raf Crynen (N-VA) était excusé. Le premier point figurant à l’ordre du jour n’a pu être approuvé qu’avec le soutien des trois membres du Vlaams Belang, qui ont voté en faveur. Le parti d’extrême-droite indique qu’il soutiendra encore la coalition « au cas par cas ». Il ne se prononcera par exemple pas en faveur du budget.

La formation d’opposition PRO2040, composée de socialistes et d’élus indépendants, a quant à elle déballé un prospectus récent du Vlaams Belang dans lequel An Van Nuffelen trônait encore parmi les élus. À noter que stricto sensu, la situation s’explique par le fait qu’An Van Nuffelen a bel et bien été élue sous la bannière du Vlaams Belang avant de claquer la porte. La principale intéressée n’a pas souhaité commenter l’épisode.

Pour Carl Geeraerts (N-VA), bourgmestre du district, l’affaire est classée. « Puisqu’elle n’a plus payé sa cotisation, elle n’est plus membre de ce parti. » Aux yeux de Zander Vliegen (PRO2040), en revanche, il est clair que la N-VA et le CD&V ont rompu le cordon sanitaire en âme et conscience, dans le but de reléguer son mouvement au banc de l’opposition.

Hypocrite

Le politologue Dave Sinardet a qualifié la situation d’hypocrite. « Auparavant, An Van Nuffelen affirmait que son cœur appartenait encore au Vlaams Belang. Filip Dewinter n’a de cesse de la réclamer et parle d’une manœuvre orchestrée par son parti. En l’occurrence, il se peut que le soutien du Vlaams Belang ait été convenu avant la séance du conseil. Ce n’est peut-être pas officiel, mais le cordon a bel et bien été rompu sur le plan politique. Les tireurs de ficelles feraient donc mieux de la jouer honnête au lieu de faire passer l’affaire pour une broutille, bien qu’il ne s’agisse en définitive “que” d’un district. »

 

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