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À Anvers, Bart De Wever transgresse le droit à la mendicité

2013 Wilrijk

Kris Peeters, Bart de Wever, Hilde Crevits, Liesbeth Homans

19 octobre 2016

À Anvers, Bart De Wever transgresse le droit à la mendicité

Temps de lecture: 2 minutes

Le bourgmestre Bart De Wever (N-VA) cherche maintenant des noises aux mendiants. Le règlement de police de la ville d’Anvers stipule que la mendicité est interdite dans une grande partie du centre-ville. Il y a quelques semaines, la ministre Liesbeth Homans a toutefois dû reconnaître qu’une telle interdiction n’était pas acceptable.

Dix-huit mendiants, déjà, se sont vu imposer une interdiction de mendier en rue à Anvers durant le premier semestre de cette année. Pour avoir mendié dans les rues où cette pratique n’était pas autorisée. Selon le code de police, une interdiction de la mendicité est en vigueur dans le centre touristique et les rues commerçantes.

La ville d’Anvers va également s’attaquer aux mendiants au moyen de SAC, des sanctions administratives communales. En 2015, quelque 1 134 amendes avaient été distribuées. « La meilleure façon de diriger les mendiants, souvent englués dans des problèmes multiples, vers les services sociaux est de pouvoir leur en parler. Ceux qui ont besoin d’aide sont aidés et pour cela, la SAC est un moyen de mettre en place l’approche en chaîne », explique le porte-parole.

Blankenberge l’a fait avant Anvers. Juste avant les vacances d’été, l’administration communale a imposé une interdiction de la mendicité dans le centre touristique. Ce qui a conduit à un jeu du chat et de la souris avec un sans-abri polonais.

Suite à une plainte de la Ligue des Droits de l’Homme, l’administration communale s’est vue contrainte d’adapter son ordonnance de police. « Nous pouvons établir un cadre contre la mendicité, mais nous ne pouvons pas y associer des endroits », a alors expliqué le bourgmestre Patrick De Klerck (Open Vld) au journal Het Laatste Nieuws.

Dans une lettre adressée à la Ligue des Droits de l’Homme, la ministre flamande des Affaires intérieures Liesbeth Homans (N-VA) l’a confirmé. « Il ressort du procès-verbal et de la motivation du bourgmestre à propos de cette décision, que ce dernier reconnaît le droit à la mendicité et qu’il entend se conformer au jugement du Conseil d’État sur le sujet et au point de vue de la Ligue des Droits de l’Homme », écrit Homans. Curieusement, son président de parti/bourgmestre se fiche royalement de cette règle.

Le rapport sur la traite des êtres humains publié ce jeudi par le Centre fédéral Migration Myria fait référence à cette approche de la mendicité. « On peut se demander si les villes concernées ne tentent pas de réincarner l’ancienne interdiction de la mendicité par le biais des SAC. De même, on peut se poser la question suivante : la mendicité que pratiquent les personnes en situation de précarité n’est-elle pas à nouveau criminalisée par de telles pratiques ? »

Le rapport de Myria se penche sur l’exploitation de la mendicité et propose des mesures pour s’attaquer aux réseaux qui exploitent les mendiants.

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