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Dring Dring #3 : Être Flamand, c’est quoi ?

© Jef Van den Bossche

21 octobre 2020

Dring Dring #3 : Être Flamand, c’est quoi ?

Pour ses cinq ans, DaarDaar lance « Dring Dring », le podcast qui vous fait découvrir la Flandre à vélo. Dans le troisième épisode, Aubry Touriel, journaliste spécialiste du nord du pays, vous emmène en voyage à travers la province d’Anvers. De Turnhout à Duffel en passant par Vorselaar, il va discuter avec des Anversois pour voir comment ils décrivent l’identité flamande.

Temps de lecture: 3 minutes
Aubry Touriel
Auteur


Duffel, près d’Anvers. Une petite maison longe la chaussée. Un drapeau flamingant est pendu à la fenêtre. À côté, on voit une affiche du Vlaams Belang où il est inscrit : « Prenons soin les uns des autres. Protégeons nos gens. »

Ken, 22 ans, y habite avec un colocataire : « Je suis très flamand. C’est mon père qui m’a transmis l’identité flamande. Les gens pensent qu’on est raciste, mais ce n’est pas vrai. Tout le monde est le bienvenu, mais si tu viens pour profiter, ça ne va pas. Mon papa est un peu de droite. »

 

Ken, jeune électeur du Vlaams Belang, ne rate aucun défilé du 21 juillet - © Jef van den Bossche

Ken, jeune électeur du Vlaams Belang, ne rate aucun défilé du 21 juillet – © Jef van den Bossche

Pour lui, être flamand, ça rime avec « boire de la bière, sortir, s’amuser. Ne pas se soucier de ce que les autres disent. »

Il a une tradition spéciale le lendemain de son anniversaire : « Je ne rate aucun défilé du 21 juillet, je le regarde toujours à la TV. » Alors qu’il vote pour un parti qui prône l’indépendance de la Flandre, Ken veut conserver l’État belge.

« Tu ne dois pas juger un livre seulement par sa couverture »

Colonel, chanteur de reggae originaire du Surinam, est assis sur un banc à côté d’une friterie à Turnhout. Il trouve que les Flamands sont assez fermés au premier abord, mais ce n’est pas pour ça qu’ils ne veulent pas s’ouvrir au monde extérieur : « Il faut apprendre à les connaître, tu dois essayer de découvrir comment ils sont. Quand tu les connais, tu verras qu’ils sont chouettes. On peut échanger notre savoir et apprendre l’un de l’autre. Tu ne dois pas juger un livre seulement par sa couverture. »

Bieke, 20 ans, serveuse sur le marché de Turnhout © Jef van den Bossche

Bieke, 20 ans, serveuse sur le marché de Turnhout © Jef van den Bossche

Bieke, serveuse sur le marché, se considère comme une pure Belge. « J’aime les frites, je suis fan des bières d’ici. Les chevaux belges sont super, ce sont les meilleurs au monde », ajoute la passionnée d’équitation.

Terme politisé

Selon l’auteur Mohammed Ouaamari, quand on parle d’identité flamande, cela mène automatiquement à un débat sur la politique ou sur la fin de la Belgique, N-VA versus PS. « L’objectif de mon livre est de séparer la politique et la culture. Je veux normaliser le fait d’être Flamand. »

Dans son livre Groetjes Uit Vlaanderen, il explique qu’il avait longtemps un problème avec son identité flamande. « Grâce à l’écriture de mon livre, j’ai pu me réconcilier avec cette partie de moi. Qu’on le veuille ou non, il y a des institutions flamandes. Cela fait partie de mon identité comme toutes les autres étiquettes. » Il nuance : « Mais ça ne fait pas tout. Comme le fait d’être Belge ou musulman ne fait pas tout. »

Mohamed Ouaamari, auteur du livre Groetjes Uit Vlaanderen © Jef van den Bossche

Mohamed Ouaamari, auteur du livre Groetjes Uit Vlaanderen © Jef van den Bossche

Pour Mohamed Ouaamari, chaque être humain entre dans différentes cases et il veut pouvoir se déplacer librement entre elles. « À un moment, je suis Flamand, à un autre Belge, Marocain, musulman, Rifain… Il n’y a rien de mal avec les cases. Les personnes se rassemblent en fonction de ce qui les unit. »

Il met en garde : « Cela ne devient dangereux qu’à partir du moment où tu vas t’enfermer dans ta case. Si tu fermes la porte et tu refuses d’y laisser entrer ou sortir quelqu’un, c’est une erreur. »


Ces histoires vous intriguent ? Retrouvez-en plein d’autres dans le troisième épisode de Dring Dring, le podcast de DaarDaar qui vous fait découvrir la Flandre à vélo. On vous emmènera à vélo à travers les forêts de la Campine. Vous découvrirez aussi les Jardins d’Hiver de l’école des Ursulines à Sint-Katelijne Waver. Un joyau de l’art nouveau en plein milieu de la campagne.


Projet soutenu par le Fonds pour le journalisme et la Fédération Wallonie-Bruxelles

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