Urgence médicale ? Appelez (d’abord) le 1733

30 juillet 2015 | Auteur : | Traducteur : Guillaume Deneufbourg | Temps de lecture : 2 minutes

Une ligne téléphonique d’assistance centrale sera mise en place pour réduire l’affluence aux urgences le soir et le weekend. Grâce à ce nouveau numéro, toute personne ayant besoin de soins médicaux pourra savoir si un passage aux urgences est vraiment nécessaire ou si son état peut attendre une consultation chez son médecin traitant. Le premier projet pilote démarrera à Louvain à l’automne.

« Ceux qui décideront quand même de se rendre aux urgences seront renvoyés chez eux. Sinon, le système n’a aucun intérêt. »

Dr KOEN STEEL, COLLABORATEUR INAMI

Imaginez une personne atteinte d’une réaction allergique le samedi, avec nausées, démangeaisons et irritation de la peau. Doit-elle se rendre aux urgences ou appeler le médecin de garde ? Ou mieux vaut-il attendre 48 heures et voir comment les symptômes évoluent ? La ligne d’assistance 1733 aura pour vocation de répondre à ces questions. En appelant ce numéro, les patients seront redirigés vers la centrale 112, où un opérateur répondra à leur appel.

Muni de protocoles minutieusement élaborés, l’agent pourra poser les bonnes questions et évaluer la gravité de la situation et la capacité du patient à se déplacer. Il pourra alors décider de lui envoyer une ambulance, d’appeler le médecin de garde ou conseiller au patient d’attendre le lundi pour se rendre chez son médecin traitant.

Les médecins et les mutualités se sont accordés sur la mise sur pied de protocoles uniformes à suivre pendant ce premier filtre téléphonique. Cette étape n’est pas une sinécure, car les directives peuvent parfois relever d’une question de vie ou de mort.

« Ce système a pour objet de réduire le nombre de patients se présentant aux urgences », justifie Maaike Van Overloop (asbl domus Medica). « Aujourd’hui, un trop grand nombre de patients se rend aux urgences pour des maux qui peuvent en réalité être traités plus tard par le médecin traitant. Les prescriptions actuelles impliquent trop souvent un renvoi vers le service des urgences. »

Exemple : aujourd’hui, en appelant le 112, une personne souffrant d’une réaction allergique avec nausées et irritations est la plupart du temps prise en charge en ambulance. Avec les nouveaux protocoles, cette même personne pourra tout aussi bien l’être plus tard par un médecin traitant.

Procédures

Le projet 1733 avait déjà été mis en œuvre par l’ancienne ministre de la Santé Laurette Onkelinx (PS) dans le but de faire face à la surfréquentation des services d’urgence. À partir de 2016, Onkelinx espérait mettre en place un seul numéro d’urgence, où seraient réunis les services de garde et la centrale d’alerte.

Ces dernières années, le projet a été testé au niveau local et les protocoles des opérateurs ont été évalués et affinés. « Le secteur s’est à présent mis d’accord sur les protocoles et le projet pilote peut démarrer à Louvain », annonce le docteur Koen Steel, qui a élaboré le projet en collaboration avec l’INAMI. « À l’automne, une assistance sera donc offerte aux patients via le 1733.  »

Réforme

Si l’expérience est concluante, le service sera déployé dans tout le pays. L’actuelle ministre de la Santé Maggie De Block (Open Vld) avait annoncé que le numéro serait accessible pour juin 2016. La ministre n’a toutefois pas confirmé que le 1733 deviendrait réellement le seul et unique point de contact pour les patients.

Toute la question est en effet de savoir dans quelle mesure l’avis du 1733 sera contraignant. Autrement dit : que faire si un patient est invité par l’opérateur à attendre une consultation chez son médecin traitant, mais qu’il se présente quand même aux urgences ? « En principe, l’hôpital devrait le renvoyer chez lui », estime le Dr Steel. « Dans le cas contraire, le filtre n’a aucun intérêt. »

La position de la ministre De Block sur le service 1733 n’est pas tout à fait arrêtée. « Le 1733 s’inscrit dans le cadre de la réforme du financement des hôpitaux », temporise sa porte-parole. « Le mode de financement de l’ensemble des services hospitaliers, de même que l’organisation des services d’urgence, les postes de garde et bien d’autres choses, font actuellement l’objet d’une profonde réforme. »

Sara Vandekerckhove pour De Morgen

Traduit du néerlandais par Guillaume Deneufbourg

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