Santé : Nous sommes tous des hypocrites

3 mars 2017 | Auteur : | Traducteur : Ludovic Pierard | Temps de lecture : 1 minute

Nous avons un nouveau Dieu. Une nouvelle divinité, un Seigneur en phase avec son temps. Il s’appelle la « santé ». Vénéré par des hommes et des femmes branchés, amateurs des dernières tendances, il est célébré lors de nouveaux rituels tout aussi branchés, qu’on a baptisés « Tournée minérale » et « 40 jours sans viande ».

Et ce Dieu ne manque pas de disciples. Alors que la Tournée minérale a pris fin hier avec 122 000 participants officiels, les 40 jours sans viande commencent aujourd’hui avec près de 100 000 inscrits. La formule rencontre un succès indéniable et répond visiblement un besoin qui était réel.

Dans la même veine, les courses à pied en pleine ville attirent des milliers de sportifs prêts à boucler ensemble les 20 kilomètres de Bruxelles ou les 10 miles d’Anvers. Sans oublier les nombreux autres événements sportifs, dont les billets de participation s’écoulent en deux temps trois mouvements, même s’il vous coûtera plusieurs dizaines d’euros pour courir dans la pénombre ou monter des escaliers en joggant.

Toutes ces activités sont évidemment très sympathiques et bonnes pour la santé. Les participants eux-mêmes affirment souvent que les manifestations de masse de ce type ont une influence positive et durable sur eux. Ils font plus de sport, boivent moins.

Mais cette divinité n’est pas qu’une tendance de notre époque, elle en est aussi une chimère. Alors que nous suivons la vague par milliers en sirotant des boissons non alcoolisées, nous continuons à nous détruire massivement la santé dans notre vie quotidienne. En restant assis chaque jour des heures durant sur une chaise, que ce soit à l’école ou au travail. Ou en ingérant constamment des masses de sucres et toutes sortes de substances alimentaires nocives. En polluant tellement l’air de nos villes que, bientôt, nous devrons peut-être nous couvrir la bouche d’un masque. En démarrant encore et toujours notre voiture pour parcourir de courtes distances. En gavant nos poissons de la mer du Nord de plastique. Et on pourrait continuer comme ça pendant des heures.

La sensibilisation est une bonne chose, même lorsqu’elle commence à prendre une forme semi-religieuse, mais elle ne peut être l’arbre qui cache la forêt des problèmes de santé fondamentaux de notre époque. Notre attitude néfaste vis-à-vis de l’air et de l’alimentation, inchangée depuis des décennies, est arrivée au bout d’un cycle. Ce n’est qu’en allant au fond des choses que nous pourrons véritablement améliorer notre santé.

Que tous les élus politiques et autres décideurs qui tentent aujourd’hui de s’en tirer avec quelques semaines sans viande ou sans alcool se le tiennent pour dit.

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Santé : 40 jours sans viande, est-ce hypocrite ?

Image facebook (des participants aux Jours sans viande)

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Traducteur : Ludovic Pierard
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Date de publication : 01/03/2017
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