Les Ardentes: « j’ai vu des soirées scout avec plus de monde »

19 juillet 2016 | Auteur : | Temps de lecture : 3 minutes

L’article étant particulièrement long, nous vous proposons ce résumé, rédigé par nos soins.

Le quotidien De Morgen n’est pas tendre avec le festival des Ardentes. Il est même franchement cassant : les salles sont vides et les visiteurs flamands s’y sentent bien perdus. À la tombée de la nuit, le journaliste Tim F. Van der Mensbrugghe finira par s’adoucir. Juste un peu.

« Donnons la Wallonie à la France, même gratuitement, avec un beau ruban rouge ». C’est par ces mots particulièrement durs que commence le reportage consacré au festival liégeois. Si l’on en croit ce journaliste, l’affiche est effectivement très (trop) francophone. Certainement une question d’argent ?

« J’ai franchement vu plus de monde à une soirée chez les scouts que dans l’Aquarium [une des salles couvertes du festival], où s’égosillent deux rappeurs parisiens. D’un autre côté, on peut se demander comment attirer les foules, un jeudi après-midi ensoleillé, dans cette vieille salle moisie ». Aucun rythme, hip-hop décevant. La langue n’explique pas tout. Autre salle, plus grande encore, le HF6 où le reporter ne dénombre pas plus d’une vingtaine de personnes. Les groupes inconnus se succèdent dans des salles vides.

À l’extérieur, sur les différents sentiers menant à ces salles désespérément vides, on mange, on boit et on aime se faire voir. En tout cas, personne ne semble se diriger vers une scène ou l’autre. « Je n’ai pas croisé un seul Hollandais, bizarre, on y mange pourtant pas cher. »

« Le logo du syndicat socialiste, quatre fois plus grand que le Coq wallon »

Tim se lance dans un exercice d’observation sociale et s’étonne de la présence du logo du syndicat socialiste entre ceux des sponsors. Il est « un peu plus petit que celui de Jupiler, mais quatre fois plus grand que le Coq wallon […] Depuis Anvers, j’entends quelqu’un me dire ‘je te l’avais bien dit’. » Pour en revenir à la langue, même si Liège se trouve à 27 kilomètres de Maastricht, ici tout est en français. L’anglais n’est pas pratiqué par les tenanciers des stands extérieurs. Il poursuit : « Le slogan de Win for life a même été traduit : Du fun for life. La plupart des groupes musicaux communiquent de toute façon en français. Et dire que les Ardentes visent un rayonnement international… Quelle naïveté. »

Tim s’étonne tout de même du nombre de Belges de couleur. « Au Best Kept Secret et au Graspop, les seuls types un peu bruns, ce sont les énergumènes qui se roulent dans la boue ». Au sud de la frontière linguistique, il y a apparemment moins de ségrégation que sur nos terres hostiles, les amitiés semblent plus bariolées. Selon Tim, l’unité des gens autour de la langue française et leur appartenance au Parti socialiste doivent être plus fortes que les opinions sur la couleur de peau. Avant de rajouter : « J’aperçois même un jeune noir [sic] en t-shirt de Pink Floyd, alors que je sais de source sûre que Siegfried Bracke ne s’est jamais baladé en sous-vêtements de Fela Kuti [inventeur nigérian de l’Afrobeat NDLR]. »

« La magie du bord de Meuse se révèle à la nuit tombée »

Tim finira tout de même par s’adoucir. « La nuit finit par tomber et révèle la magie du bord de Meuse. En fait, j’aurais dû prendre un bon livre et me coucher dans l’herbe ». Après le groupe judéo-albano-new-yorkais Action Bronson et sa barbe à faire pâlir de jalousie les pontes de l’Etat Islamique, Tim s’assied par terre avec une bière pour écouter la musique de STUFF, qui l’emmène vers d’autres galaxies. « Il n’y a pas assez de monde pour remplir cette salle paroissiale [sic] mais ce n’est pas si grave : la musique et le lightshow suffisent […] Il y a beaucoup de place pour s’asseoir dans les gradins et la serveuse a même eu le temps de me souhaiter la « bonne soirée » [en français dans le texte, ndlr] ». La salle est à présent à moitié pleine avec Flying Lotus. « Avec quelques Flamands en plus, la salle aurait été remplie. Mais où sont passés mes congénères ouest-germaniques ? Au Gent Jazz festival ? Au Cactus ? Venez donc aux Ardentes, garçons et filles, on s’y amuse bien, c’est très joli et il y a encore beaucoup de place au bord de la Meuse ».

Remarquez tout de même que le compte twitter des Ardentes n’a pas tardé à réagir à l’article du Morgen avec la photo d’un concert plein à craquer … et extérieur.

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Date de publication : 09/07/2016
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