Le 18 mars, une journée cruciale à tous les niveaux

19 mars 2016 | Auteur : | Temps de lecture : 2 minutes

L’arrestation de Salah Abdeslam est un coup dur pour l’organisation terroriste Etat Islamique. La Belgique, elle, peut enfin redorer quelque peu son blason, tant au niveau international qu’européen. Pendant ce temps au sein du royaume, certains se plaisent à s’approprier cette victoire à coups de « We got him! ».

La Belgique, ce « poids-plume » de l’Europe, a frappé fort vendredi après-midi. En collaboration avec les Français – il faut bien le rappeler – les policiers et enquêteurs de notre pays ont réalisé un coup de filet qui restera plus que probablement en travers de la gorge des dirigeants du groupe terroriste Etat Islamique. De Molenbeek à Damas, la nouvelle fait grand bruit. Si au niveau international, elle est sans grande surprise largement saluée, notamment par le président américain Barack Obama ‘himself’, au Moyen-Orient, l’information risque d’entraîner chez certains une dangereuse soif de vengeance. Aujourd’hui, notre pays est loin de pouvoir baisser la garde, que du contraire. Plus que jamais, il est devenu l’un des plus grands ennemis de l’IS, tout comme Salah Abdeslam était devenu le nôtre.

Mais donnons-nous tout de même le temps de savourer la victoire de notre petit royaume. Hier soir, le monde entier a découvert le regard fier de Charles Michel, installé aux côtés du président François Hollande. Le Premier ministre a enfin eu l’opportunité de faire taire les « mauvaises langues ». Oui, la Belgique aussi est capable de traquer et capturer l’homme le plus recherché d’Europe. Non, sa police et ses services de renseignement ne sont pas qu’une bande d’incompétents, comme son voisin outre-Quiévrain a pu parfois laisser entendre. Le président français l’a d’ailleurs affirmé lui-même: « Il n’y a pas eu de tension » entre la Belgique et la France, « hormis celle du drame et de la tragédie ». Officiellement, l’honneur est sauve, pour l’instant en tous cas.

La N-VA bombe le torse

Alors que toutes les rédactions attendaient une confirmation officielle de l’arrestation d’Abdeslam, Theo Francken en a surpris plus d’un en tweetant en fin de journée « We hebben hem! » (On l’a eu!). Remis à sa place par ses partenaires de coalition, celui qui n’est finalement chargé que de l’Asile et de la Migration a rapidement supprimé le gazouillis qui n’a toutefois pas manqué de devenir viral, allant jusqu’à faire la une du site de la célèbre chaîne Américaine CNN.

L’honneur d’annoncer la nouvelle tant attendue est donc revenu à un membre de la N-VA. D’autres personnalités fortes du parti nationaliste flamand n’ont pas tardé à suivre. Son leader s’est rapidement approprié cette victoire, en s’exprimant lui aussi sur le réseau de l’oiseau bleu: « Le ministre de l’Intérieur Jan Jambon avait promis de nettoyer Molenbeek. Il a tenu parole. Félicitations @FedPol_Pers »

Bart De Wever fait ainsi d’une pierre deux coups. Il démontre avec force la compétence de son ministre qui est parvenu à assurer la sécurité des Belges. Il fait aussi oublier, un instant, le scandale qui entache sa police à Anvers. Pour le bourgmestre N-VA, la situation tombait à pic.

Enfin, jamais deux sans trois: Jan Jambon non plus n’y est pas allé par quatre chemins et se l’est joué à l’Américaine: « You got him, boys! so proud of you. Together we can fight terrorism. @FedPol_pers FedPol_pers @PolFed_presse » a-t-il tweeté, s’affichant flanqué du Premier ministre et d’une impressionnante équipe  spéciale d’intervention.

Assurément, ce 18 mars était vraiment une aubaine à tous les niveaux. Il est certain que l’on s’en souviendra. L’IS, l’Europe, Charles Michel et la N-VA aussi.

(c) @JanJambon

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