Quand le PS fait campagne pour le PTB

24 janvier 2017 | Auteur : | Traducteur : Guillaume Deneufbourg | Temps de lecture : 2 minutes

Il ne faut pas s’étonner de la bonne tenue des extrêmes en Europe. En dépit des idéologies opposées qu’elles défendent, gauche et droite tiennent un discours analogue.

Imaginez qu’on vous verse 2 800 € tous les mois sur votre compte. On ne vous demande rien, si ce n’est de vous taire. Pendant quelque temps, vous serez probablement sur votre petit nuage. Après tout, si l’intégrité politique rendait riche, ça se saurait. Mais votre euphorie partira ensuite comme elle est venue et fera vite place à une impression de malaise. Est-ce bien ? Est-ce permis ? Il ne faut pas avoir un sens moral surdéveloppé pour donner une réponse sensée à ces questions. Sauf en Wallonie apparemment, où un groupe d’élus politiques, un peu dur de comprenure, a continué de fêter Noël tous les jours.

Un mois après l’annonce du scandale, le « Publifingate » apporte chaque matin son lot de nouvelles surprises. Au début, on nous apprenait que 24 élus locaux s’étaient rempli les poches de quelque 2,3 millions d’euros en siégeant dans des comités d’avis bidon de l’intercommunale liégeoise Publifin. En faisant un rapide calcul, on en arrive à 500 € par minute de silence et par personne, pour une poignée de réunions auxquelles ces gens ne devaient même pas assister. Et bien que son salaire annuel soit plafonné à 290 000 €, Stéphane Moreau (PS), homme fort du réseau, touchait la modique somme de 960 000 € bruts pour diriger Publifin et sa filiale opérationnelle Nethys. Et que dire de Claude Parmentier, chef de cabinet adjoint du ministre de tutelle wallon Paul Furlan (PS), qui arrondissait ses fins de mois chez Nethys de quelque 153 000 euros. On en viendrait presque à croire que pour certains élus wallons, la politique, l’économie, le pouvoir, l’intérêt commun et l’enrichissement personnel sont des concepts synonymes.

Le Publifingate touche la politique wallonne en plein cœur et sera très lourd de conséquences pour la caste politique au sud du pays. Et même s’il prétend vouloir liquider les parvenus depuis 2004, Elio Di Rupo et son PS sont à nouveau dans les cordes sous les huées de la foule. Le PS et son honorable principe de redistribution ont de nouveau perdu leur maigre crédibilité. Le MR et le CdH sont aussi dans leurs petits souliers : ils avaient également des administrateurs qui se servaient sans vergogne dans la manne de tonton Stéphane.

Ce dernier scandale aura-t-il une influence sur les élections de 2018 et 2019 ? Indiscutablement. Raoul Hedebouw, l’étoile montante du PTB/PVDA, se pourlèche les babines. Les 18 % que le parti d’extrême gauche obtient aujourd’hui dans les sondages wallons pourraient marquer le début d’une nouvelle ère. En Wallonie, la folle perspective d’un scénario à la Donald Trump est loin d’être une utopie. Il ne faut pas s’étonner de la bonne tenue des extrêmes en Europe. En dépit des idéologies opposées qu’elles défendent, gauche et droite tiennent un discours analogue. Ce succès résulte de l’extrême polarisation de notre société et de l’échec manifeste des partis de l’establishment, qui donnent trop souvent l’impression de ne se soucier que d’eux-mêmes. Les excuses sont faites pour s’en servir (en français dans le texte, ndt).

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Traducteur : Guillaume Deneufbourg
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Date de publication : 23/01/2017