Le CD&V approuve à son tour la « refédéralisation » des compétences

28 novembre 2016 | Auteur : | Temps de lecture : 2 minutes

Un mini séisme a secoué le CD&V ce week-end, lors du congrès du parti chrétien-démocrate flamand qui s’est tenu à Lommel. Deux membres sur trois ont en effet voté pour le transfert de certaines compétences, non du fédéral vers les Régions, mais bien le contraire. Cette décision constitue une véritable rupture entre la tête du parti et sa base arrière. Elle rejoint dans la foulée la position d’autres partis flamands, dont l’Open VLD.

L’été dernier encore, le chef de groupe CD&V à la Chambre, Servais Verherstraeten, dénonçait la volonté du ministre libéral flamand Alexander De Croo de « refédéraliser » certaines compétences, devenues flamandes depuis la sixième réforme de l’Etat. L’Open VLD se demandait alors notamment quelle était la nécessité d’avoir quatre ministres de l’Environnement dans un même et unique pays.

Pour les dirigeants du CD&V, un tel transfert de compétences est inimaginable, la sixième réforme de l’Etat ayant été menée avec la bénédiction des chrétiens-démocrates flamands. La base arrière du parti n’est cependant pas du même avis, et elle l’a fait savoir ce week-end. Deux-tiers des participants au congrès ont en effet voté en faveur d’une ouverture à de tels transferts. Désormais, une éventuelle « refédéralisation » des compétences est officiellement inscrite au programme du CD&V.

La N-VA et le Vlaams Belang seuls en piste

Tout comme au sein des partis francophones, certains députés du SP.A, de Groen et de l’Open VLD ont déjà plaidé pour un tel scénario. En optant pour une position similaire, le CD&V vient officiellement de briser un tabou, même si ce n’est pas au goût de ses leaders.

La pression est principalement venue du côté des Jeunes du CD&V. Pour beaucoup de Flamands, les deux années passées sous le gouvernement N-VA de Geert Bourgeois ont engendré une certaine désillusion auprès des citoyens du nord du pays. De cette législature, ces derniers retiennent pour l’instant de nombreux points négatifs, notamment la hausse du prix de l’électricité liée à la Turteltaks, la non-indexation de l’allocation familiale, ou encore la baisse du bonus logement.

Outre le Vlaams Belang, la N-VA est désormais le seul parti flamand à plaider en faveur d’une régionalisation toujours plus forte. Sa détermination pourrait dès lors mener à de nouvelles querelles au sein des majorités flamande, et fédérale, même si le gouvernement Michel respecte pour l’instant la mise au frigo des dossiers communautaires.

« Coming out »

Dans le quotidien De Morgen, le politologue de la VUB Dave Sinardet évoque « un coming out remarquable » dans le milieu politique belge. Il évoque ainsi un « tournant » important en terme de distribution des compétences.

D’après le politologue, de nombreux partis flamands estiment en effet que la sixième réforme de l’Etat a été un rien trop loin. Il constate toutefois que peu de députés osent, à l’heure actuelle, défendre ouvertement une telle « dérégionalisation ».

Mots clés : , , , , ,

(c) pixabay

DaarDaar

DaarDaar c'est le meilleur de la presse flamande en français. Nous rassemblons pour vous, chaque jour, les meilleurs articles et éditos de la presse flamande, accessibles en quelques clics.

Auteur :