Affaire Publipart : la démocratie en danger

15 février 2017 | Auteur : | Traducteur : Fabrice Claes | Temps de lecture : 2 minutes

Savez-vous ce qui, pour un politicien, est plus difficile encore que de prendre des mesures dont les électeurs ne voient pas les avantages ? Prendre des mesures dont le monde politique ne voit pas les avantages. Sinon, le politique aurait depuis longtemps simplifié le fonctionnement des intercommunales et des nombreuses sociétés anonymes qui en dépendent.

Le nombre de sièges qu’ils occupent est aussi ridiculement élevé que les montants qu’ils y gagnent

Lorsqu’on se penche sur le fonctionnement des intercommunales, on se rend vite compte qu’autour de ces institutions – très utiles au demeurant – gravite un réseau alambiqué de sociétés aux activités pour le moins nébuleuses. Ce qui est sûr, cependant, c’est qu’elles offrent à nos politiciens l’occasion de siéger dans l’un ou l’autre conseil d’administration. Et que le nombre de sièges qu’ils occupent est aussi ridiculement élevé que les montants qu’ils y gagnent. Les autorités flamandes ont fait analyser toute cette problématique sous la précédente législature, mais la montagne n’a même pas accouché d’une souris.

Depuis qu’on a découvert que plusieurs SA gantoises versent à leurs administrateurs des montants faramineux, toute la classe politique crie au scandale. Il faut désormais en finir avec tous ces profiteurs. Bart De Wever dévoile sans scrupule les revenus de son échevin Koen Kennis, John Crombez veut que soient rendues publiques toutes les rémunérations des politiciens, et Liesbeth Homans annonce qu’elle va prendre le problème à bras-le-corps.

Ce même citoyen qui ne peut tirer qu’une seule conclusion : les politiciens sont uniquement attirés par le fric

Mais bon sang, pourquoi n’ont-ils pas agi plus tôt ? Ce week-end, rien ne s’est passé. Il n’y a pas eu la moindre infraction à la loi. Il a suffi qu’on mette au grand jour la somme qu’un échevin peut empocher en siégeant dans la bonne SA pour que nos élus comprennent qu’ils n’arriveront jamais à expliquer ces pratiques au citoyen. À ce brave citoyen qui part du principe que ses contributions sont utilisées à bon escient, et qui ne comprend pas pourquoi les choses ne changent pas. Ce même citoyen qui ne peut tirer qu’une seule conclusion : les politiciens sont uniquement attirés par le fric.

Une gestion trop complexe du pays met en danger la démocratie, surtout lorsque cette complexité coûte inutilement aussi cher. Les gens préfèrent alors des solutions simples. Le problème, c’est que les solutions trop simples mettent encore plus en danger la démocratie. Aujourd’hui, les populistes ont beau jeu de plaider pour la suppression des intercommunales et de prétendre que tous les politiciens ne pensent qu’à s’en mettre plein les poches. Jusqu’à nouvel ordre, ce n’est pas le cas. Par contre, il est grand temps de procéder à un assainissement du système et de faire toute la transparence sur le financement de notre démocratie. Car si le politique ne se remet pas en question, le citoyen s’en chargera à sa place.

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Affaire publipart : la démocratie en danger

Gazet van Antwerpen

Quotidien régional anversois tiré à environ 90.000 exemplaires. Propriété de Mediahuis.

Traducteur : Fabrice Claes
Auteur :
Date de publication : 14/02/2017