Copinage au sein de l’administration flamande ?

14 juillet 2016 | Auteur : | Traducteur : Micheline Goche | Temps de lecture : 2 minutes

Les nominations politiques étaient un héritage vicié de l’« ancienne Belgique  fédérale ». Mais, depuis lors, la Flandre et le gouvernement flamand ont institué une longue tradition du copinage, qui est aujourd’hui profondément ancrée dans le système des nominations. Résultat : une administration à la très forte connotation politique. La nomination récente de Jeroen Windey, aujourd’hui chef de cabinet de Liesbeth Homans (N-VA) et futur patron de l’Agence de l’Administration intérieure, n’est pas du goût de l’opposition.

Les nominations politiques ne sont pas ce que la Flandre fait de mieux.  Souvent, politique de parti et gestion du sommet de l’administration se confondent. De très nombreux membres de cabinet  se retrouvent, tôt ou tard, dans l’administration et ont donc une « couleur ». Cette situation assez logique est la conséquence de l’importance des cabinets ministériels dans notre pays. Car ces derniers constituent le centre de décision et le meilleur endroit où apprendre la fonction de gestion.

Ce n’est pas un hasard si des « cabinetards » réussissent systématiquement les examens d’accès à des emplois supérieurs auprès du gouvernement flamand : ce qui ne veut pas dire qu’on y parachute des fidèles du parti totalement incompétents. Seulement, on constate le fait, qui ne correspond pas à la promesse d’une culture politique épurée nouvelle, où la carte du parti n’est plus un atout pour faire de la promotion.

L’administration est teintée de N-VA, de CD&V et d’Open VLD

On ne peut donc nier que l’Administration flamande est fort colorée politiquement.  Après l’ancien chef de cabinet du ministre Philippe Muyters (N-VA), Koen Algoed, devenu le patron de l’administration des Finances et du Budget, c’est au tour de Jeroen Windey, le chef de cabinet de la ministre de l’Intérieur Liesbeth Homans (N-VA).

Windey devient le patron de l’Administration de la gestion intérieure. Ce qui irrite surtout l’opposition, c’est la façon dont  ce choix est motivé. Littéralement : « La vision de monsieur Windey de la politique flamande en matière de déradicalisation correspond au mieux à celle du ministre en fonction. »

Cette simple petite phrase met les Groen en colère.  Ils veulent interroger la ministre Homans à ce sujet. « Je n’ai jamais vu cela. Le but est, en effet, de trouver un candidat qui correspond le mieux au profil de compétences exigé et non à la vision de la ministre. Ici, on a l’impression que la communauté de vues avec la ministre est le critère qui permet d’accéder au sommet de l’administration », a déclaré la députée flamande ingrid Pira (Groen) au Standaard.

Le fait est que cette justification comporte cependant quelques dangers : le patron d’une administration du gouvernement flamand doit-il avoir une vision totalement conforme à celle du gouvernement actuel ? C’est en contradiction avec le long terme sur lequel les administrations fonctionnent.

Photo : photovalley

2013 Wilrijk

Kris Peeters, Bart de Wever, Hilde Crevits, Liesbeth Homans

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Traducteur : Micheline Goche
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Date de publication : 13/07/2016
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