La politique du Vlaams Belang désormais de mise aux États-Unis

23 janvier 2017 | Auteur : | Traducteur : Guillaume Deneufbourg | Temps de lecture : 2 minutes

De retour d’une destination de vacances ensoleillée, vous descendez de l’avion et mettez le pied sur le tarmac d’un pays figé dans un froid glacial. Telle a été l’impression dominante vendredi lors de la passation de pouvoir entre le 44e et le 45e président des États-Unis d’Amérique.

Verbe fougueux et rhétorique obscure, la première locution de Donald Trump en tant que leader of the free world n’aura finalement été qu’une énième manifestation de ce à quoi il nous avait habitués lors de sa campagne. L’optimiste nous rétorquera qu’il était temps qu’un élu politique soit cohérent avec ses arguments électoraux. Mais à chaque mot, à chaque promesse, à chaque nomination du président Trump, notre capital optimisme a fondu comme neige au soleil. Nous allons droit dans le mur.

Donald Trump a présenté une bien sombre vision du pays à qu’il compte rendre sa « grandeur ». Comme s’il voulait démontrer que les extrêmes peuvent se rencontrer, il a allié populisme d’extrême gauche et idéologie d’extrême droite. « Washington était une ville florissante, mais le peuple n’en a pas eu une miette », a péroré le communiste qui sommeille en lui, avant de faire écho à Woody Guthrie, chanteur engagé et contestataire de gauche, dont le This land is your land a été trumpisé en This moment is your moment.

En dehors de leurs relents populistes de gauche, de tels propos semblent particulièrement cyniques dans la bouche d’un milliardaire qui se vante de ne jamais avoir payé d’impôts ou presque. Il faut voir à quel point la composition du gouvernement Trump I ressemble à un ancien conseil d’administration de la banque Goldman Sachs pour saisir tout le cynisme du personnage. Ou de se pencher sur la réduction fiscale qu’il a promise à ses « compagnons de fortune ».

Sa nature d’extrémiste de droite s’est également exprimée, avec le slogan America first, porté comme un étendard. Un leitmotiv très proche d’une devise que les Flamands connaissent bien. Eigen volk eerst, Notre peuple d’abord. Ne nous voilons pas la face : le mandat politique le plus puissant du monde sera assumé ces quatre prochaines années au minimum par un homme qui promet de mettre en œuvre la politique du Vlaams Belang.

Pour ceux qui en douteraient encore : nous avons dépassé le stade des promesses de campagne. En guise de premier projet politique, la Maison-Blanche a promis de dissoudre le plan pour le changement climatique du gouvernement Obama. En matière énergétique, c’est donc déjà le peuple américain d’abord. Et tant pis pour la planète et les prochaines générations.

Conformément aux règles du jeu, c’est Donald Trump que le peuple américain a choisi comme leader. Et cette volonté souveraine, de même que la démocratie, doivent être respectées. Mais ce respect ne nous dispense pas de notre droit au contrôle critique du pouvoir. L’optimisme est un devoir moral, disait le philosophe Karl Popper. Au cours des quatre prochaines années, nous nous en tiendrons à un devoir de vigilance.

 

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Traducteur : Guillaume Deneufbourg
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Date de publication : 21/01/2017
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