L’échec de l’Etat Islamique est entre nos mains

9 août 2016 | Auteur : | Traducteur : Thomas Miloradovic | Temps de lecture : 2 minutes

Le dernier attentat en date à nouveau revendiqué par l’État islamique a suscité des réactions contradictoires. La cruauté presque banale de ce crime, deux policières sauvagement attaquées à la machette dans la ville de Charleroi, a quelque chose de terrifiant. Nous en viendrions presque à croire que le risque d’un attentat terroriste est omniprésent. Il peut toucher n’importe qui, n’importe où et n’importe quand.

Une autre lecture de cet événement est cependant possible. En effet, si nous traçons une ligne du temps des attentats depuis le 11 septembre à New-York ou même depuis Paris en novembre 2015, nous remarquons d’une part que leurs objectifs sont moins ambitieux et de plus petite envergure et d’autre part, que le nombre de victimes diminue, par chance, lui aussi. Au premier abord, nous pourrions nous en réjouir mais la moindre satisfaction à ce sujet serait totalement déplacée : les événements de Charleroi, de Saint-Étienne-du-Rouvray peu auparavant ou d’Ansbach cet été en Allemagne restent d’une sauvage atrocité. Nous devons respecter la mémoire des disparus, le deuil de leurs proches et la souffrance des survivants. Cela dit, nous pouvons tout de même noter que le nombre de victimes est bel et bien en diminution, malgré la rapide succession de ces faits tragiques. Quoi que nous puissions en penser, il s’agit d’une évolution indiscutablement positive.

La question qui se pose alors est la suivante : l’objectif de cette peur que nous vivons au quotidien, où n’importe quel objet de tous les jours peut se transformer en arme, s’inscrit-il dans le cadre d’une stratégie réfléchie ou s’agit-il plutôt d’une réduction d’échelle forcée ? Difficile à dire. Il est vrai que l’État islamique a toujours quelque peu privilégié l’initiative personnelle en matière de terrorisme en s’empressant, au même titre qu’une franchise, d’associer son nom à chaque attentat perpétré dans le monde occidental qui cadrerait un tant soit peu avec ses croyances fondamentalistes.

Il serait alors légitime de penser que les djihadistes considèrent, pour l’heure, avoir pour seule et unique option de causer un maximum de dégâts matériels et humains avec un minimum de moyens. En réalité, ces micro-attentats trahissent un certain désespoir : les mailles du filet de sécurité européen se resserrent grâce à l’excellent travail des services de sécurité.

Cela va sans dire, rien ne garantit que ce filet restera ad vitam eternam suffisamment efficace pour que seuls des actes solitaires de petite envergure puissent éventuellement passer à travers ses mailles. Il suffit qu’un seul et unique complot terroriste passe inaperçu pour semer mort et désolation. La priorité absolue est donc d’éviter la prolifération de nouvelles cellules terroristes.

Outre des mesures répressives et un effort continu en matière d’information et de sécurité, une telle entreprise requiert également une stratégie préventive efficace. Il faut impérativement stopper l’afflux de djihadistes assoiffés de sang. Comment y parvenir ? En traçant, dans notre société, une frontière nette entre eux et nous. Par « eux », il n’est bien entendu pas question de tous les musulmans mais bien des djihadistes et de leurs alliés tapis dans l’ombre. Plus encore, c’est précisément aux musulmans qu’incombe l’obligation d’aider à isoler ces éléments dangereux parce que ce sont eux qui peuvent y arriver. Preuve en est, il suffit d’observer la diversité des noms des victimes de Bruxelles, Nice et maintenant Charleroi : tous ces gens étaient des « nôtres ».

L’objectif de l’EI est donc clair : faire glisser cette frontière sociale pour créer une guerre entre les différentes communautés religieuses. S’il y a bien une chose dont nous devons nous souvenir, c’est que leur échec est entre nos mains.

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Traducteur : Thomas Miloradovic
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Date de publication : 07/08/2016
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