Cinquante nuances de jaune

10 février 2017 | Auteur : | Traducteur : Herve Voglaire Sanchez | Temps de lecture : 2 minutes

La N-VA a connu des semaines plus paisibles. Et l’excellent reportage sur l’implosion de la Volksunie en 2001, diffusé mardi soir sur Canvas, n’y est pour rien. Le problème auquel l’héritier de la VU fait aujourd’hui face nous vient d’Anvers, a 43 ans et répond au nom de Liesbeth Homans. Hier, la vice-ministre-présidente flamande a solidement été prise à partie au Parlement flamand, non seulement par l’opposition mais également par le CD&V et l’Open Vld, pourtant partenaires de coalition.

Il était prévisible que le taux de pauvreté avancé par Liesbeth Homans dimanche dernier ne donne lieu à des échauffourées. Elle avait alors évoqué, rappelons-le, « un recul significatif de la pauvreté » avant d’en attribuer tout le mérite à la N-VA et au Parlement flamand. Or il s’avère que les chiffres avancés se rapportent à la situation de 2014 et relèvent par conséquent de la politique d’Ingrid Lieten (Sp.a), qui l’a précédée à la lutte contre la pauvreté. En termes clairs, Bart Somers (Open Vld) a fustigé le fait que Homans ait dévoilé ses chiffres à la télévision, tandis qu’elle se refusait à les communiquer aux parlementaires. Le CD&V y est également allé de sa pique : « Un retournement de tendance ?  Je préfère laisser aux scientifiques le soin de trancher », a précisé Cindy Franssens en grinçant des dents. Au moment où la fumée des canons commençait à se dissiper, Somers a refait parler la poudre en critiquant ouvertement le manque de mesures prises pour endiguer l’influence du salafisme en Flandre. « Nous ne faisons rien car nous craignons pour nos intérêts commerciaux », a-t-il lancé à l’attention de Liesbeth Homans, également ministre flamande de l’Intérieur.

Les fessées infligées à Liesbeth Homans témoignent de la nervosité rampante à l’approche des élections communales en 2018 et du scrutin fédéral à l’horizon 2019.

Il est de notoriété publique que le gouvernement flamand préfère le fouet de « Cinquante nuances de Grey » au romantique bouquet de fleurs de la Saint-Valentin. Or, en l’occurrence, les fessées infligées ce mercredi à Homans témoignent avant tout de la nervosité rampante. Tous les partis politiques travaillent d’arrache-pied aux préparatifs des élections communales qui se tiendront en 2018 et du scrutin fédéral à l’horizon 2019. La chasse aux faux pas s’intensifie dès lors au fil des jours.

Le colosse électoral qu’est la N-VA n’échappe pas à cet état de fait. Sur le plan fédéral, le parti peut se targuer de compter dans ses rangs les hauts ministres Jan Jambon et Theo Francken, qui ont fait leur preuve. En revanche, le tableau est moins brillant à l’échelon flamand, à l’image de Geert Bourgeois le réservé et de Liesbeth Homans l’autoritaire. À ce titre, ce duo doit s’incliner devant Hilde Crevits (CD&V), qui incarne la voisine sympathique et Bart Tommelein, libéral charismatique dans le rôle du Kennedy d’Ostende. Vous pouvez d’ores et déjà mettre votre à main à couper que les délicates fessées façon « Cinquante nuances de Grey » se transformeront, dans les mois à venir, en coups de fouet plus cinglants tout droit sortis de « Cinquante nuances plus sombres ».

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Traducteur : Herve Voglaire Sanchez
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Date de publication : 09/02/2017
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