Accord sur le Ring d’Anvers : le triomphe de Bart De Wever

20 mars 2017 | Auteur : | Traducteur : Maxime Kinique | Temps de lecture : 2 minutes

Mercredi dernier, le gouvernement flamand et les comités d’action des riverains ont finalement conclu un accord autour de la liaison Oosterweel, le projet qui doit boucler le ring périphérique anversois. Le premier coup de pelle de la future liaison sera déjà donné en automne prochain. « Après 20 ans de palabres nous allons enfin investir » a déclaré le ministre-président flamand Geert Bourgeois (N-VA). 

L’accord « historique » conclu la semaine dernière à propos de la liaison Oosterweel constitue une grande victoire politique pour la N-VA. Dans l’optique des élections de l’année prochaine à Anvers, le parti a désamorcé la bombe la plus dangereuse qui menaçait de lui exploser à la figure. 

Avec cet accord, la N-VA a réduit en un seul coup tous ses adversaires au silence

Une image en dit souvent plus qu’un long discours : sur les douze « apôtres » qui ont présenté mercredi l’accord sur la liaison Oosterweel, cinq émargent à la crème de la N-VA. Avec Geert Bourgeois, Bart De Wever, Ben Weyts, Liesbeth Homans et Koen Kennis présents sur la photo, c’est presque toute la direction du parti qui s’était déplacée pour immortaliser ce triomphe. 

Et les représentants des autres partis des coalitions flamande et anversoise, dans tout cela ? Ils se sont montrés discrets, assis sur les côtés de la grande table. Le CD&V et l’Open Vld ont joué les seconds rôles. Et cela ne relève pas du hasard. 

Accord de paix 

Le gouvernement flamand précédent, avec les CD&V Kris Peeters et Hilde Crevits dans le costume, respectivement, de ministre-président et de ministre de la Mobilité, n’était pas parvenu à fumer le calumet de la paix avec les mouvements citoyens anversois. L’Open Vld, quant à lui, n’avait pas suffisamment de poids politique dans ce gouvernement pour pouvoir forcer un accord. 

C’est la N-VA qui allait permettre de débloquer la situation. Du coup, le parti a non seulement pu pavoiser cette semaine devant les caméras mais il a également gagné la bataille politique autour de la liaison Oosterweel. 

Les retombées politiques 

Passons en revue les retombées politiques de l’accord :

  • les comités d’action anversois, qui mettaient des bâtons dans les roues des politiques, sont provisoirement neutralisés. Avec cet accord, ils ont obtenu davantage que ce qu’ils auraient osé imaginer ; 
  • les partis d’opposition (sp.a, Groen, PVDA et Vlaams Belang) perdent une cartouche importante dans l’optique de leur campagne électorale de l’année prochaine à Anvers ; 
  • le CD&V est coincé. L’échevin en charge du port Marc Van Peel ne peut qu’acquiescer à cet accord sur la mobilité. Quant à Kris Peeters, il se verra rappeler pendant toute la campagne de l’année prochaine que ses rivaux locaux Bart De Wever et Koen Kennis ont réussi là où il a échoué en tant que ministre-président ; 
  • l’Open Vld, enfin, perd ce qui a constitué son atout principal lors de la campagne des précédentes élections locales, lorsque le parti, alors emmené par Annemie Turtelboom, a résolument choisi le camp des comités d’action.

C’est dès lors une grande victoire qu’a remportée cette semaine le bourgmestre Bart De Wever. Ce n’est pas un hasard s’il l’a comparée à la bataille qui s’est déroulée à Oosterweel en 1567, durant la guerre de 80 ans. Son parti se retrouve à présent face au défi d’inscrire cet accord dans la durée. 

Après une usante guerre de tranchées, la N-VA a été le premier parti à comprendre que la raison commandait de passer du modèle conflictuel au modèle consensuel. Ou, comme l’a dit Ben Weyts, de délaisser les tribunaux au profit des chantiers. La N-VA a accédé à la suggestion de Ringland de désigner un intendant indépendant. Les précédents gouvernements et administrations communales anversoises n’auraient-ils pas pu y penser ? 

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Gazet van Antwerpen

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Traducteur : Maxime Kinique
Auteur :
Date de publication : 18/03/2017