Le nouveau patron du football belge ne parle pas un mot de néerlandais

27 juin 2017 | Auteur : | Traducteur : Guillaume Deneufbourg | Temps de lecture : 3 minutes

Gérard Linard (74) succède à François De Keersmaecker (59) à la présidence de l’Union belge de football. Avec quatorze voix (contre huit pour son concurrent, Gilbert Timmermans), l’ancien PDG de l’URBSFA, qui est aussi le président de la ligue francophone amateur (ACFF, pendant francophone de la KBVB), assumera cette fonction au cours des deux prochaines années. Originaire de Namur, l’ancien chef d’entreprise ne parle que le français. Mais il ne voit pas son unilinguisme comme un problème majeur. « Je suis bien entouré », se défend-il.

Avec quatorze voix contre huit (il a réuni toutes les voix de l’aile francophone de football amateur et des clubs professionnels, à une exception), Gérard Linard a été élu président de l’Union belge de football. L’actuel patron de la ligue francophone amateur s’est montré soulagé après son élection. Lors de sa première conférence de presse, nous avons logiquement souhaité évaluer ses connaissances linguistiques. D’où notre question, somme toute logique, posée en néerlandais : « Trouvez-vous normal que le président de la plus grande fédération sportive du pays ne maîtrise pas la langue de la majorité des clubs et des membres qu’il représente ? » L’homme a lancé des regards désespérés autour de lui, à Koen De Brabander, son secrétaire général, et à Pierre Cornez, porte-parole de la Fédération. Ensuite, comme une bête aux abois, il a lancé, en français  : « Je n’ai pas tout compris. J’ai un gros défaut, je suis francophone. Posez-moi donc vos questions en français, je vous répondrai plus facilement. Vous m’épargnerez une dose supplémentaire de stress après une journée déjà harassante. »

Harmonisation, numérisation, centralisation et modernisation

Nous avons donc répété notre question, en français. « Je comprends que certains voient ma méconnaissance du néerlandais comme une lacune, mais en est-ce vraiment une ? Je suis entouré par un vice-président, un secrétaire général et un directeur financier qui sont tous trois néerlandophones. Notre équipe sera bonne, nous nous connaissons bien, je suis très proche de Koen De Brabander. Je sais donc qu’ils pourront m’aider en cas de besoin. Pour moi, ce n’est pas un problème, du moins au sein de l’Union belge. L’impact sur nos relations extérieures, notamment avec l’UEFA et la FIFA, sera aussi limité, puisque le français est l’une des langues de correspondance. »

Apprendre le néerlandais ? « S’il me reste un peu de temps, car je veux avant tout travailler sur les objectifs que nous nous sommes fixés. » Il ajoute : « Je veux m’investir dans la concrétisation des propositions faites par Koen De Brabander. Nous avons beaucoup de pain sur la planche, mon mandat est limité. Normalement, la limite d’âge est de 75 ans. Mais nous trouverons peut-être une solution. Je compte quoi qu’il arrive m’en tenir à un seul mandat. »

« La présidence de mon prédécesseur était entourée d’un certain malaise », estime Gérard Linard. « Nous avions besoin d’un renouveau, de changement, j’ai contribué à donner ce nouvel élan. C’était nécessaire pour le bien du sport lui-même, et pour nos relations avec l’extérieur. On parle beaucoup de modernisation, de numérisation et de progrès. La concrétisation de ces objectifs implique un travail énorme. J’entends donc créer les conditions propices à la concrétisation des propositions de Koen De Brabander. »

Quid de l’Eurostadium ?

Il faut l’admettre : en tant que PDG ad interim, Gérard Linard a remis les finances de l’Union belge à flot. L’intéressé ne manque pas de le rappeler. Il laisse en revanche les délicates négociations sur les primes versées aux joueurs – qui pèsent lourd sur les finances – à Bart Verhaege et Mehdi Bayat. S’agissant du dossier de l’Eurostadium, il n’exclut pas de voir les Diables Rouges jouer un jour leurs matchs à l’étranger. « Nous avons besoin d’un stade d’au moins 40 000 spectateurs pour éviter les pertes, un scénario que nous ne pouvons pas nous permettre », explique-t-il. « Nous verrons si un nouveau stade sera construit ou si deux ou trois clubs agrandissent le leur. J’ai entendu que Bruges allait se construire une nouvelle enceinte, nous avons aussi d’autres possibilités. Dans l’absolu, la construction d’un nouveau stade à Bruxelles ne dépend pas de nous, mais nous allons nous pencher sur ce dossier.

Qu’adviendra-t-il après 2018 si le stade Roi Baudouin n’est plus disponible ? « Il nous reste une solution, à vous de me dire si elle est souhaitable : jouer à l’étranger. La France et les Pays-Bas ont les infrastructures nécessaires pour nous accueillir. Reste à voir si nous devons nous engager dans cette voie et à régler la question des autorisations. Nous nous pencherons sur ce dossier en temps utile. »

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Traducteur : Guillaume Deneufbourg
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Date de publication : 24/06/2017
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