Les cours de néerlandais en plein boom, les emplois à la peine

6 avril 2017 | Auteur : | Traducteur : Herve Voglaire Sanchez | Temps de lecture : 2 minutes

Le nombre de primo-arrivants qui suivent des cours de néerlandais a explosé en raison de la crise migratoire. « La transition vers le marché de l’emploi, en revanche, est un échec. »

En 2016, 37.223 primo-arrivants majeurs se sont inscrits à des cours de néerlandais, ce qui représente une augmentation de 33 pour cent par rapport à 2015, selon des chiffres avancés par Liesbeth Homans (N-VA), ministre flamande de l’Intégration sociale.

Cette augmentation considérable s’explique par la crise migratoire. Depuis l’été 2015, de nombreux réfugiés originaires d’Irak, de Syrie et d’autres zones de conflit sont arrivés dans notre pays. Une fois reconnus en tant que tels, la plupart d’entre eux se mettent à l’apprentissage du néerlandais. Homans affirme qu’elle était prête à faire face à une telle hausse et qu’elle n’a à ce titre pas lésiné sur les moyens. « Il n’y a pas de liste d’attente. Tout le monde peut immédiatement entamer les leçons ».

Si les cours de langue sont une chose, trouver un emploi en est une autre. Selon Groen, c’est là que le bât blesse. « Toutes ces personnes vont maintenant affluer sur le marché de l’emploi, situation à laquelle nous ne sommes pas préparés. De nombreux réfugiés sont peu qualifiés. Parviendront-ils à décrocher un travail ? », s’interroge la parlementaire flamande An Moerenhout (Groen). Son inquiétude semble fondée. Il ressort des chiffres du VDAB (Service flamand pour la recherche d’emploi et la formation professionnelle) que 26 pour cent des réfugiés reconnus trouvent en emploi dans les six mois. Un taux qui s’élève à 37 pour cent après un an. Ce même service reconnaît qu’il reste en effet une importante marge de progression.

Occasion manquée

Il est avéré que combiner une formation linguistique et professionnelle favorise fortement l’accès à l’emploi et assure une meilleure intégration. À en croire An Moerenhout, le gouvernement flamand n’a pas suffisamment misé sur cette combinaison au cours de ces dernières années. « Pourtant, aux prémices de la crise migratoire, nous avions averti que ce défi allait survenir. C’est d’autant plus regrettable. »

Tant Liesbeth Homans que son camarade de parti Philippe Muyters, ministre de l’Emploi, affirment cependant que des mesures ont été prises. Suite à la crise migratoire, le VDAB a lancé l’an dernier un plan d’action baptisé « l’Intégration par le travail ». Le vieux principe selon lequel un nouveau venu doit d’abord apprendre la langue est mis au placard autant que possible, précise Shaireen Aftab, porte-parole. « Nous devons considérer le travail comme un outil d’intégration. C’est pourquoi nous privilégions un accompagnement plus personnalisé. »

Le boulanger syrien

Un réfugié qui parle déjà une langue de contact (français ou anglais) éprouvera moins de difficultés dans sa quête. De même que s’il connaît déjà un métier. Ainsi, un boulanger syrien pourra mieux apprendre la langue sur son lieu de travail. Or beaucoup de primo-arrivants sont peu qualifiés et n’ont pas d’expérience professionnelle. « Ils suivront encore pour la plupart une trajectoire linéaire, en mettant l’accent sur le néerlandais au départ », ajoute Aftab.

Moerenhout ne nie pas les changements accomplis mais estime qu’ils sont trop légers et arrivent trop tard. « C’est une bonne chose que des mesures soient prises, mais cela ne suffit pas. Le gouvernement a excessivement traîné en chemin. » Le VDAB admet qu’il reste énormément de pain sur la planche. Et Aftab de conclure : « Le plan d’action porte ses fruits, mais nous nous trouvons face à une montagne qui ne se franchit pas du jour au lendemain. Nous avons mis le pied à l’étrier et devons maintenant continuer sur cette lancée ».

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Traducteur : Herve Voglaire Sanchez
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Date de publication : 03/04/2017