Le 22 mars entraîne la N-VA en terrain glissant

28 mars 2016 | Auteur : | Traducteur : Thomas Lecloux | Temps de lecture : 2 minutes

Les retombées sont inévitables. Alors que la politisation du drame du 22 mars va bon train, voici quelques observations concernant les répercussions politiques pour la N-VA.

Une chose est sûre : cette semaine, Bart De Wever a dû penser à Harold Macmillan. Lorsqu’on demanda un jour au conservateur britannique, qui fut Premier ministre de 1957 à 1963, ce qui pouvait plonger les gouvernements dans la tempête, il eut cette réponse légendaire : « Events, dear boy, events ». Le gouvernement Michel-De Wever a lui aussi dû encaisser quelques « événements » désastreux, ce Mardi Noir 22 mars. Bien malin qui peut dire si le gouvernement fédéral s’en remettra un jour.

Les semaines à venir vont être cruciales pour la N-VA, le parti des paras, du ministre de la sécurité, de la loi et du maintien de l’ordre, de la commission terrorisme Metsu, mais aussi des ministres inexpérimentés. Cette crise est même existentielle pour le parti de De Wever et Jambon. Les embûches budgétaires ou les manigances de Kris Peeters sont une chose, mais la N-VA ne peut pas échouer dans la lutte contre l’islamisme et le terrorisme. Si la N-VA perd cette bataille de perception et se retrouve pointée du doigt pour les événements du 22 mars, le parti perdra aussi les prochaines élections.

Le problème est que la N-VA n’est plus maître de la situation. La survie du gouvernement fédéral a déjà tenu à un fil précédemment. Aux jours les plus difficiles de la crise de l’asile, les hautes sphères de la N-VA ont sérieusement envisagé monter la question délicate en épingle. Juste avant les attentats du 22 mars, le parti se mettait à penser à un affrontement avec le CD&V, « parce que ça ne peut plus durer comme ça ». La grande différence par rapport aux crises antérieures, c’est que cette fois la N-VA est contrainte de subir les événements, impuissante.

L’ensemble du parti ou presque a conscience d’être en terrain très glissant en ce moment. Personne ne sait encore avec certitude qui porte quelle responsabilité. Personne ne peut prévoir quelle tournure va prendre la commission d’enquête parlementaire. Plus personne ne contrôle les médias. Tout le monde en Flandre évolue en terrain totalement inconnu, ce qui donne toujours lieu à des accidents. Les premiers jours qui ont suivi le 22 mars ont déjà montré que certains politiciens et certains médias ne répugnent pas à lancer des attaques très dures (et parfois personnelles). Il n’est pas toujours possible de s’en défendre.

Quand bien même Jambon n’aurait rien à se reprocher, il n’est pas certain que le vice-Premier ministre N-VA puisse rester en place. Sa position est indissociable de celle du ministre de la Justice, Koen Geens. Pour des raisons de nature politique et de communication, une loi inflexible est ici de rigueur : si Geens doit démissionner, Jambon ne peut rester en poste. Beaucoup s’inquiètent sérieusement au sein de la N-VA, car la position de Geens est plus précaire que celle de Jambon. On craint fortement que des cadavres ne finissent tôt ou tard par sortir du placard à la Sûreté de l’Etat, qui relève de la Justice.

Toutes les options restent ouvertes. Il n’est pas exclu, par exemple, que la N-VA en sorte renforcée, et apparaisse comme l’espoir de la nation dans ces temps tourmentés. Mais pour le même prix, le parti peut aussi endosser le rôle de bouc-émissaire national. Pour la première fois depuis longtemps, la N-VA n’a plus la situation en main. Quiconque soutient le parti a de quoi être inquiet. Quiconque pense que le pays serait mieux armé pour traverser cette crise si le PS était de retour à la barre, a des raisons d’espérer à nouveau la chute déshonorante du parti qui n’a pas su nous protéger.

Courtoisie de la page Facebook N-VA

Doorbraak

Doorbraak est un Pure Player très proche du Mouvement Flamand (VVB) édité par l'ASBL Stem in 't Kapittel.

Traducteur : Thomas Lecloux
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Date de publication : 25/03/2016
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