Les syndicats, meilleurs ennemis des entrepreneurs

18 février 2016 | Auteur : | Traducteur : Guillaume Deneufbourg | Temps de lecture : 2 minutes

Certains dirigeants préfèrent tenir les syndicats à l’écart de leur entreprise. Ils ont pourtant tout intérêt à se doter d’une plate-forme de concertation structurée pour faciliter les négociations avec leurs employés.

Les entreprises ne sont pas toujours enchantées par la perspective d’organiser des élections sociales et d’accueillir en leur sein les représentants syndicaux. Certains dirigeants sont même prêts à aller relativement loin pour y échapper. Dernier exemple en date : l’agence d’intérim Accent. Pour éviter de devoir mettre un conseil d’entreprise en place, cette dernière n’a pas hésité à inviter ses employés à ne pas se porter candidats aux élections sociales en échange d’un smartphone et d’un jour de congé supplémentaire.

Il est vrai qu’il y a beaucoup à redire sur les élections sociales et sur la façon dont elles doivent être organisées. La lourdeur de la procédure impose de nombreuses tracasseries administratives aux entreprises, à qui elle coûte aussi pas mal d’argent. De l’argent qui pourrait être dépensé plus utilement.

On peut aussi se demander pourquoi seuls les syndicats reconnus ont le droit de déposer une liste de candidats. Pourquoi les listes « maison » ne peuvent-elles pas le faire, à l’exception des cadres dirigeants ? On peut donc en conclure que les élections sociales sont moins démocratiques que les élections communales, pour lesquelles les candidats peuvent bel et bien se présenter sur une liste baptisée, par exemple, « Force communale ».

Il est aussi regrettable que pour gagner des voix, les syndicats « en campagne » se montrent beaucoup plus militants que d’ordinaire et qu’ils ne rechignent pas à perturber la paix sociale au sein de l’entreprise, de leur secteur, voire de tout le pays, pour arriver à leurs fins.

Le statut « protégé » (contre le licenciement) des élus, mais aussi des candidats, constitue un autre élément dont on pourrait se scandaliser. En effet, grâce à lui, les élections se muent, du moins pour partie, en une sorte de refuge immunisé pour des employés avant tout désireux de protéger leur propre position, et pas de défendre les intérêts de leurs collègues. Cette situation sape l’autorité des syndicats vis-à-vis de la direction de l’entreprise et vis-à-vis de la majorité des employés.

Pour toutes ces raisons, il serait indiqué de remettre l’ensemble de la procédure en question et de réfléchir à une réforme des élections sociales, en tenant compte de ces objections et de la nouvelle réalité du monde des entreprises et du marché du travail.

Attention toutefois de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Il est certes compréhensible que la plupart des chefs d’entreprise ne soient pas enthousiastes à l’idée de mettre en place un système de représentation du personnel institutionnalisé. Devoir se justifier face à des syndicats qui ne brillent pas toujours par leur attitude constructive ne sert pas la flexibilité managériale. On peut aussi s’interroger sur l’utilité des très nombreuses réunions du conseil d’entreprise. Mais au moins, les employés sont protégés contre une politique d’entreprise régie par le principe du « diviser pour mieux régner ». D’autant que les dirigeants ont également un intérêt à ce que leur entreprise dispose d’une plate-forme structurée pour faire remonter les problèmes du quotidien et les régler par la discussion. Mais à la seule condition que ce lieu reste une plate-forme de concertation, et ne devienne pas une foire d’empoigne.

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De Tijd est un quotidien économique et financier publié par le groupe Mediafin. Tout comme L’Echo, son pendant francophone, il est principalement destiné au monde des affaires et de l’entreprise. En 1995, De Tijd est devenu le premier journal de Flandre à paraître également en format numérique.

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